
NON TITULAIRES
CFDT CFTC CGT UNSA/FEN FSU SUD
COMPTE RENDU DE LA REUNION INTERSYNDICALE/MINISTERE
DU 29 MAI 2000 FAISANT SUITE AU PROTOCOLE DE FIN DE GREVE
Le 29 mai, les organisations syndicales CFDT-Culture,
SCENRAC-CFTC, USPAC-CGT, UNSA-FEN, SNAC-FSU, SUD-Culture, signataires
du protocole de fin de grève du 8 juin 1999 on été
reçues par Catherine Tasca en présence des directeurs
d'administrations centrales et d'établissements publics.
La ministre a fait une déclaration d'environ 45 minutes, avant
de quitter la séance pour aller au Sénat. Au cours de
son allocution, Catherine Tasca a notamment lié l'apparition
des besoins temporaires à la "rigidité administrative"
et à "l'absentéisme" (des agents). L'intersyndicale
est en désaccord total avec cette analyse qu'elle juge par ailleurs
inacceptable. Il est de notoriété publique que c'est le
sous effectif qui est à l'origine du recours massif à
l'emploi précaire dans notre ministère. Les missions
augmentent régulièrement et les moyens ne suivent pas.
Après le départ de la ministre, la réunion a été
présidée par Michel Duffour, Secrétaire d'Etat.
Bon nombre de questions posées par les syndicats n'ont pas reçues
de réponses.
A L'ORDRE DU JOUR :
1. BILAN DES CREATIONS D'EMPLOIS DU BUDGET 2000
ET DES CONCOURS DE RECRUTEMENT QUI EN ONT RESULTE.
Grâce au 295 emplois nouveaux obtenus en 2000 à
la suite de la grève, et compte tenu de mesures nouvelles, près
de 500 vacataires seront titularisés en 2000. Néanmoins,
il a été constaté un déficit de candidats
dans les concours internes relevant du plan Perben car certains vacataires
ne remplissaient les conditions d'ancienneté. Cela n'a pas été
le cas pour les concours réservés relevant du dispositif
Toubon.
Par ailleurs, un nombre conséquent de candidats n'ont pas réussi
le concours, ce qui pose le problème de l'adaptation des épreuves
et des préparations au concours.
Dans les établissements publics ayant des emplois spécifiques
le processus de stabilisation des vacataires sur contrats à durée
indéterminée a commencé à être engagé
(Pompidou, CMN).
Pour les emplois de droit privé, on enregistre 150 CDI à
l'AFAN et environ une centaine à la RMN.
32 emplois associatifs sont transformés en emplois de contractuels
inscrits au budget, mais ne sont pas encore pourvus.
En fin de séance, la DAG a remis des tableaux d'effectifs des
personnels vacataires. L'administration reconnaît que 1763 agents
sont employés au 31/12/99 sur des besoins permanents, pour la
plupart en catégorie C, le nombre des agents de catégorie
B et A se situant à hauteur de 190 agents. En ajoutant les saisonniers
et les occasionnels employés à la même date, ont
atteint 2560 agents précaires employés au ministère
auxquels il faut ajouter 150 associatifs environ qui n'ont pas été
recensés.. En haute saison touristique le nombre des agents employés
s'élève à plus de 3 300 agents.
La DAG indique que le recensement semestriel qu'elle organise (imposé
dans la pratique à la suite de la grève) lui permet de
mieux justifier ses demandes de créations d'emplois. Elle admet
que pour 1999, ce recensement n'est pas parfaitement fiable, ni exhaustif,
certains services sont mêmes pointés comme ayant fourni
des données très minorées : BNF, CMN, Versailles,
etc. Elle espère aboutir à un résultat
plus précis lors du recensement de juin 2000.
Pour ce qui concerne les associatifs (environ 300 agents, l'administration
reconnaissant elle-même 150 pour les seuls services déconcentrés)),
le Cabinet et la DAG devaient organiser une réunion avec l'intersyndicale
au mois de janvier 2000, pour vérifier la cohérence entre
les critères énoncés de ces 32 contrats (ancieneté,
conditions de financements de l'emploi, situation sociale individuelle)
et la liste finale arrêtée par l'administration pour 2000.
Cette réunion n'a jamais eu lieu. Malgré les nombreux
rappels et demandes de l'intersyndicale, aucune concertation véritable
n'a eu lieu ni sur les critères d'octroi, ni sur la liste des
bénéficiaires de ces 32 contrats pour 2000.
Par ailleurs, ces 32 contrats ne seraient qu'une étape dans le
règlement de la question des associatifs du ministère.
L'intersyndicale n'adhère pas aux critères imposés
par l' administration.
Enfin, l'intersyndicale dénonce le fait que les nombreux associatifs
qui effectuent des missions permanentes de l'Etat pour lesquelles il
existe des corps de fonctionnaires, ne se voient pas proposer une titularisation
par le biais d'un concours interne réservé puisque c'est
l' Etat qui est leur employeur réel.
2. CREATIONS D'EMPLOIS POUR LE BUDGET 2001
Le Cabinet s'est refusé une nouvelle fois à
apporter des précisions sur ses demandes de créations
d'emplois. Néanmoins, il a indiqué " qu'il dispose
maintenant d'un recensement fin des différentes catégories
de vacataires et que les demandes budgétaires ne concerneront
pas que la seule catégorie C.
Les demandes budgétaires seront diversifiées afin de mieux
prendre en compte la diversité des métiers et de corriger
les conséquences de la destruction de la filière ouvrière
au profit de celle des personnes d'accueil et de surveillance. "
Une fois de plus l'intersyndicale n'a pas obtenu d'informations sur
la tendance générale du PLF 2001. L'attente des arbitrages
budgétaires gouvernementaux est une bonne excuse pour ne rien
dire.
Par ailleurs, l'intersyndicale réfute l'analyse
du ministère, l'administration ayant commis un tableau de recensement
notoirement insuffisant.
Quelles "demandes diversifiées" le ministère
pourra t-il faire pour le budget 2001 sur cette question précise
à partir du moment où il n'a pas la pleine connaissance
de toutes les populations de vacataires de la Culture?
La destruction de la filière ouvrière est une réalité
reconnue par le ministère. Cette filière n'est pas la
seule sinistrée : on peut citer également celle des administratifs.
N'oublions pas que les responsabilités en incombent bien aux
responsables successifs de la Culture!
Enfin, si l'intersyndicale est d'accord avec la priorité qui
doit être donnée à la résorption de la précarité,
elle ne saurait accepter que l'impasse soit sur le sous-effectif chronique
et important du ministère et son corrolaire : les créations
nettes d'emplois.
3. BILAN DE LA BOURSE AUX EMPLOIS POUR LES VACATAIRES
AYANT MOINS DE 10 MOIS D'ANCIENNETE AU 31/12/98.
L'intersyndicale a souligné que ce système
de "bourse" s'est révélé à l'usage
peu opératoire, les grands établissements ayant trouvé
le moyen de réemployer les agents sur place pratiquement dans
les mêmes fonctions. La DAG s'est engagée à faire
un bilan précis de la bourse dans "les meilleurs délais".
Cette bourse de l'emploi n'a, au jour d'aujourd'hui, pas bénéficié
de tous les moyens (notamment humains et d'infrastructures administratives)
que l'administration se devait de déployer pour un résultat
satisfaisant. En outre, des informations convergentes signalent le mauvais
vouloir de certains établissements ou directions, quant à
leur volonté de la voir réellement fonctionner. Certains
contournent les règles en ayant recours à des vacataires
recrutés sur des besoins soi disant occasionnels pour répondre
à des besoins permanents.
L'intersyndicale demande au ministère l'application stricte des
règles qu' il a lui même édictées.
4. ABROGATION DE L'ARRETE DE 1975 FIXANT LES TAUX
ET LES LIMITANT LES VACATIONS MENSUELLES A 120 HEURES.
LA DAG a indiqué que des discussions sont en cours
avec les Finances et la Fonction publique pour la détermination
des nouveaux taux " harmonisés " concernant
l'ensemble des catégories de personnels vacataires. D'ici "quelques
semaines" un texte abolissant la limitation des vacations mensuelles
à 120 heures devrait voir le jour.
L'intersyndicale s'étonne des lenteurs apportées à
l'abrogation de l'arrêté et demande l'ouverture de négociations
sur les taux de vacations .
5. TYPOLOGIE DES EMPLOIS PERMANENTS REPONDANT A UN
BESOIN A TEMPS INCOMPLET.
Le bilan général doit être établi
et présenté au prochain CTPM. Cette typologie doit d'abord
être validée par les CTP des direction sou d'établissements
publics, ainsi que par la DAG, avant présentation au CTPM .
L'intersyndicale a souligné qu'il fallait être très
vigilant sur ce point pour éviter la reconstitution de nouvelles
poches de précarité. Elle a souligné que les informations
concernant les écoles d'architecture sont toujours lacunaires.
En réponse, le directeur de la DAPA a convenu qu'il a du mal
à obtenir des renseignements compte tenu de l'autonomie des établissements.
Il reconnaît par ailleurs que plusieurs écoles n'ont toujours
pas mis en place des registres d'entrées et de sorties contrairement
aux instructions ministérielles.
A propos de ces registres, on constate que certains services ou établissements
ne les ont pas mis en place malgré les directives expresses du
ministère. D'autres établissements sont en retard, soit
dans leur mise en place, soit dans leur mise à jour.
L'intersyndicale dénonce l'apparition de nouveaux vacataires
"déguisés" par certains établissements
en contractuels à temps incomplet. Ce qui deviendra immanquablement
la reconstitution d'un vivier de nouveaux précaires, ce en totale
contravention avec les textes Trautmann.
6. EXTENSION DE LA COUVERTURE SOCIALE DES VACATAIRES
La DAG confirme que les permanents ont déjà
droit à toutes les prestations sociales, secours compris.
Des mesures sont à prendre pour abonder les crédits de
l'action sociale, notamment pour le paiement des indemnités de
chômage et allocations diverses pour les vacataires ayant eu des
interruptions récurrentes de leur emploi.
CONCLUSION
Outre les créations d'emplois au budget 2000, c'est
donc plus de 1 550 emplois qu'il reste à créer en quatre
ans pour résorber la précarité au ministère
de la Culture. Par le jeu naturel des départs en retraite au
cours des prochaines années le Ministère pourrait résorber
une partie de la précarité sans pour autant créer
de vrais emplois nouveaux. Cela aurait pour conséquence d'aggraver
le sous effectif qui pèse dans les services. Il importe donc
d'obtenir à la fois des créations d'emplois pour résorber
la précarité mais aussi des emplois réellement
nouveaux pour faire face aux besoins des services.
Le 2 mai dernier, lors de l'invitation des syndicats de la Culture par
la nouvelle ministre, l'intersyndicale s'était félicitée
des déclarations et interventions de Catherine Tasca, notamment
sur le chapitre du partenariat social qui devait, selon elle, être
primordial et réel, entre l'administration du ministère
et les syndicats.
Force est de constater, 3 semaines après, lors de cette nouvelle
rencontre, que la transparence, la concertation et la discussion ne
s'appliquent décidément pas à tous les sujets et
dossiers de la Culture.
Au moment où les négociations sur la résorption
de la précarité sont en cours dans la Fonction publique,
un rapport de force s'impose pour permettre le développement
de l'emploi de personnels titulaires pour assurer pleinement, et dans
de bonnes conditions, les missions du service public du Ministère
de la Culture.
Le 27 juin 2000