
Paris, le 27 juillet 2007
Madame la Ministre de la
Culture et de la Communication
3 rue de Valois
75001 PARIS
OBJET : Restauration des agents
Madame la Ministre,
Par nature notre syndicat est très attaché à la
réduction des inégalités de traitement entre les
agents de votre ministère et de ses établissements publics.
Le sujet de la restauration est, à notre avis, un des plus urgents
à traiter, car beaucoup d’agents à faibles rémunérations
ne bénéficent d’aucune prise en charge pour leurs
repas. Cela devient d’autant plus crucial que l’on peut
constater une aggravation de la paupérisation de ces agents (ce
qui est patent notamment lors des réunions de la commission de
secours).
La restauration est la seule prestation sociale qui concerne absolument
tous les agents et la CFDT-Culture en fait une de ses principales priorités.
C’est en outre un domaine où il n’existe aucune égalité
d’accès à une restauration collective ou individuelle
en fonction de l’affectation
.
La CFDT-Culture évoque cette problématique depuis près
de 3 ans. Sur ce sujet l’administra–tion centrale est passée
du déni total à la minimisation des problèmes,
puis à une reconnaissance de cas « isolés »
existants (voir tableaux non exhaustifs fournis pour le CNAS du
10 juillet 2007).
Les actions menées par la DAG dans ce domaine ne sont pas convaincantes
: diffusion d’une circulaire dont nous ne connaissons pas encore
le contenu exact (nous en avons demandé copie au CNAS du 10 juillet
2007).
Le peu d’importance accordée à ce dossier –
ou la volonté de l’ignorer ? – nous donne à
penser, comme une grande majorité des salariés, que cette
action ô combien sociale n’intéresse pas notre administration.
Son peu de réactivité atteste que ce n’est pas une
priorité (la DAG ayant invoqué à ce propos les
lenteurs bien connues de l’administration et l’impossibilité
de forcer, par exemple, les « DRAC » à
se préoccuper du problème).
Or un rapide calcul nous a fait prendre conscience qu’il y a
parfois un delta de 10 % en terme d’avantage financier entre un
agent qui est subventionné sur son repas et un qui ne l’est
pas. Vu le passif accumulé dans ce domaine, la CFDT-Culture ne
peut se contenter de telles réponses.
Beaucoup d’agents, notamment ceux qui sont isolés –
mais pas seulement – n’ont pas accès à la
restauration collective. Ceux-ci se trouvent particulièrement
dans les petits musées, monuments, services déconcentrés
(DRAC, SDAP, écoles d’architecture, etc…)
Le rapport de février 2004 de M. Meurisse, commandé par
un de vos prédécesseurs, intitulé « Etude
sur l’applicabilité du régime des titres-restaurant
au MCC » * avait pourtant préconisé un
certain nombre d’actions qui permettraient de faire un état
des lieux précis de la situation générale et de
trouver les solutions à adapter.
Mais votre prédécesseur immédiat n’a pas
jugé bon, malgré nos demandes incessantes et une pétition
sur les Titres-restaurant, de mettre en œuvre les préconisations
de ce rapport alors que son prédecesseur et son cabinet avaient
affirmé être attachés à une mise en place
de chèques déjeuners, par exemple. Le Directeur de Cabinet
avait mis ce système en place au centre Pompidou et nous avait
dit combien il avait été agacé par certaines obstructions
de l’Administration.
Nous souhaitons donc que ces préconisations du rapport soient
étudiées en vue de leur mise en œuvre. Nous souhaitons
que soit trouvée une solution alternative pour tous les agents
qui ne peuvent bénéficier de la restauration collective
afin qu’ils puissent obtenir une compensation financière
égale à celle dont ils auraient pu bénéficier
avec la restauration collective. Le chèque déjeuner est
déjà largement employé dans la fonction publique
et beaucoup d’établissements, ce qui démontre que
son application n’est nullement impossible.
C’est pourquoi nous aimerions connaître vos intentions à
ce sujet. Madame la Ministre, nous avons entendu l’engagement
de ce gouvernement pour que des réformes sociales liées
à la condition de vie des citoyens soient engagées. Celle-ci
en est une, et ses répercussions, non négligeables, impliquent
que chaque agent de votre ministère reçoive une réponse
adaptée à son cas.
Nous vous remercions pour l’attention particulière que
attacherez à cette demande forte. Cette réforme est fondamentale
au ministère de la culture.
Je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l’expression de
mes meilleures salutations.
Kamal Hesni
Secrétaire général de la CFDT-Culture
(*) La CFDT-Culture persiste depuis plusieurs CNAS à aborder
le sujet de l’accès à la restauration collective.
Elle se heurte au refus constant de mettre en œuvre les propositions
du rapport de M. Meurisse, dont voici l’essentiel des propositions
:
- 1 - Recensement des postes isolés, par service et établissement…
Ce recensement doit clairement faire apparaître le nombre d’agents
concernés souhaitant bénéficier des titres- restaurant,
dans des horaires compatibles avec les choix déjà opérés
en matière d’ARTT…
- 2 - Recensement des postes de travail, par service et établissement
dont les contraintes d’horaires ou de jours de travail, excluent
les agents de la restauration collective…
- 3 - A titre exploratoire, il conviendrait de faire une comparaison
entre le coût de certaines conventions actuelles passées
par le ministère avec des restaurants collectifs et le coût
de la mise en place du régime des titres-restaurant pour les
mêmes agents…
- 4 - … A budget constant pour l’Etat, il faudrait permettre
aux agents de choisir entre la restauration collective, lorsqu’elle
existe, et les titres-restaurants, ce qui ferait intervenir dans cette
politique sociale un indice de satisfaction des agents…
- 5 - Lors de l’implantation de nouveaux services, une étude
de type “ coût / avantages ” devrait être
systématiquement menée, avant de prendre la décision
d’implanter un service de restauration collectif ou de passer
des conventions avec des restaurants collectifs de proximité.
- 6 - Il paraît indispensable de permettre aux établissements
publics administratifs de gérer l’ensemble de leurs crédits
de prestations sociales, dédiés à la restauration,
que les agents soient rémunérés par l’établissement
ou la rue de la Banque… de mettre fin à des régimes
différents qui ne se justifient pas…