
CFDT - CFTC - CGC - CGT des Archives de France
MAINTIEN DE LA DIRECTION DES ARCHIVES DE FRANCE
Après avoir pris connaissance des projets de réforme
du ministère de la Culture et de la Communication arrêtés
par le Conseil de modernisation des politiques publiques le 12 décembre
2007, dans le cadre de la RGPP, et conformément à la motion
adoptée lors du CTP de la direction des Archives de France du
19 décembre 2007, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGC
et CGT des Archives de France affirment leur attachement à l'unité
du traitement des archives publiques en France, et à l'unité
du réseau des services publics d’archives.
En conséquence, elles exigent :
- le maintien de la direction des Archives de France comme direction
d’administration centrale de plein exercice ;
- le maintien de l’organisation actuelle du réseau des
services publics d’archives ;
- le renforcement de son personnel.
Les archives publiques ne sont pas seulement un objet patrimonial
Les archives publiques sont un élément essentiel de
la mémoire individuelle et collective. Elles constituent une
source fondamentale pour la recherche, notamment historique. Mais elles
sont aussi une preuve pour l'administration comme pour les citoyens,
dont elles justifient et garantissent les droits, parfois sur le très
long terme dans des domaines tels que l'état civil, le droit
de la famille, le droit de la nationalité ou celui de la propriété
foncière. Elles contribuent à l’'exercice de la
démocratie. C’est pour cette raison que, dès le
début de la Révolution française, a été
affirmé le principe de leur accès libre et gratuit pour
tous.
En 1790, l’Assemblée nationale constituante a fondé
les Archives nationales. En 1796, la Convention a établi les
archives départementales. En 1897, la tutelle des Archives nationales
et des archives départementales et communales a été
regroupée au sein d’une direction des Archives de France.
Celle-ci a été maintenue en dépit de tous les changements
de structure et d’organisation qui ont affecté l’administration.
Elle a été préservée au moment de la décentralisation
des archives départementales, précisément pour
garantir la cohérence d’une politique nationale. Aujourd’hui,
la politique des Archives de France ne doit pas être noyée
dans une « super-direction » patrimoniale qui ne disposera
pas de la légitimité, de l’autorité et de
la réactivité nécessaires.
La constitution des fonds, leur conservation et leur accès
sont aujourd’hui mis en cause
Compte tenu de l’organisation administrative de notre pays, les
producteurs d’archives publiques sont très divers : ministères,
établissements publics nationaux, services déconcentrés
de l’État, juridictions, collectivités territoriales.
La conservation et la communication des archives sont confiées,
selon les cas, à des services de l’Etat ou à des
services territoriaux, qui constituent un réseau riche mais multiple.
Dans de telles conditions, la cohérence d’une politique
nationale en matière de collecte, d’accès et d’inventaire,
et l’intégrité des archives publiques sur l’ensemble
du territoire, ne peuvent être garanties que si elles sont pilotées
au niveau stratégique par un décideur unique. Pour être
efficace, celui-ci doit avoir une visibilité suffisante dans
l'organigramme de l'Etat, témoignant clairement de son rôle
interministériel et de sa légitimité à assurer
le contrôle scientifique et technique sur les collectivités
territoriales. Il doit disposer d’un pouvoir de décision
véritable.
Depuis des années, nous constatons le désengagement de
l’État vis-à-vis des services d’archives des
collectivités territoriales. L’Etat envoie de plus en plus
de documents dans les archives départementales, mais y affecte
de moins en moins de personnel. Nous estimons qu’il est nécessaire
de renforcer cette présence de l’État. De même,
nous jugeons indispensable de conserver, au plus haut niveau de l’Etat,
un interlocuteur en mesure d’aider et de conseiller les collectivités,
et d’assumer une responsabilité interministérielle.
Aujourd’hui et demain plus encore, la dématérialisation
de l'information impose des défis nouveaux et mal maîtrisés.
Elle rend plus que jamais nécessaire le maintien de l’
unité de décision et de réflexion archivistique.
Le récent rapport interministériel qui fait suite à
l'audit de modernisation de l'archivage dans les administrations centrales
de l'Etat, y recommande d’ailleurs le renforcement structurel
de la fonction archivage.
Seule, une direction d’administration centrale clairement identifiée
dans l'organigramme de l'Etat peut jouer ce rôle :
La Direction des Archives de France doit être maintenue !
Paris, le 16 janvier 2008
POUR TOUT CONTACT :
- Section CFDT des Archives de France:
courriel : cfdt.archives@culture.gouv.fr / téléphone :
01 40 27 63 69
- Section CFTC des Archives de France :
courriel : cftc.archives@culture.gouv.fr
- Section CGC des Archives de France :
courriel : cgc.archives@culture.gouv.fr
- Syndicat des Archives de France C.G.T. :
courriel : cgt.archives@culture.gouv.fr / téléphone :
01 40 27 63 33 / site internet : www.cgt-archives.fr