
Communiqué de l’intersyndicale culture
CFDT-CFTC-CGT-FO-FSU-SUD-UNSA
Ce jour, 18 novembre 2004, était convoqué un CTP ministériel
avec, pour ordre du jour, deux points :
- la fin de l’examen du bilan social (qui n’avait pu être
achevé la séance précédente, le directeur
de cabinet ayant pris des engagements qui l’empêchaient
de continuer d’assurer la présidence du CTPM) ;
- un projet de décret portant statut de l’Etablissement
Public du musée du quai Branly.
Il était aussi initialement prévu que soient aussi abordés
des projets de textes relatifs à l’application de la décentralisation
au Ministère de la Culture…. mais, le cabinet a fini par
retirer ces points de l’ordre du jour.
Suite à la journée d’action du 16 novembre pour
réaffirmer notre opposition :
- au démembrement du CMN,
- au démantèlement de la chaîne patrimoniale,
- aux transferts massifs de personnels,
- aux expérimentations,
- à la déstabilisation profonde des services déconcentrés
du Ministère de la Culture,
il était légitime d’exiger que le ministre rencontre
en urgence les organisations syndicales.
C’était d’ailleurs une demande forte qui avait été faite
par l’intersyndicale au directeur de cabinet dès le 15
novembre au soir. Cette demande est restée sans réponse.
Pour autant, le 17 novembre, le ministre présentait à la
presse les mesures de décentralisation en matière de
patrimoine, en particulier, la liste des 178 sites et monuments dont
la propriété est proposée aux collectivités
territoriales.
C’est dans ce contexte de refus manifeste du dialogue social
que l’intersyndicale a fait la déclaration qui suit à l’entrée
du CTPM, exigeant une date rapide de rencontre avec le ministre et,
en tout état de cause, avant la tenue des CTP du CMN et de la
DAPA.
Le directeur de cabinet a simplement indiqué que le ministre
nous recevrait avant la fin de l’année…. mais sans
fixer de date précise, c’est-à-dire sans tenir
compte de la gravité de la situation.
Or, le ministre a pour fâcheuse habitude d’annoncer qu’il
présidera des réunions … que, par la suite, il
annule ou reporte.
C’est pourquoi nous avons insisté pour obtenir une date
précise.
Pour toute réponse, le directeur de cabinet nous a répondu
qu’il ne céderait pas à un ultimatum des représentants
du personnel.
Les personnels fortement inquiets de leur sort et du devenir du ministère
et de ses missions apprécieront !
Dans ces conditions, la représentation syndicale a refusé de
siéger.
Déclaration de l'intersyndicale Culture à l'adresse
du ministre
en ouverture au CTPM du 18 novembre 2004.
Monsieur le Ministre,
La décentralisation, qualifiée par le Premier ministre
de "mère des réformes" et marquée par
un passage en force en plein été avec l'utilisation du
49-3, fait aujourd'hui l’objet d’une très forte
opposition de la part des représentants des collectivités
territoriales toutes tendances confondues.
Ce dispositif législatif, présenté par le gouvernement
comme un vecteur de développement des « libertés
et responsabilités locales », s’avère être
en réalité une machine de guerre tournée contre
les services publics. Les élus locaux mais aussi les usagers
sont ainsi de plus en plus nombreux à dénoncer un processus
politique synonyme à la fois d’accroissement de la pression
fiscale, de démembrement des équipements publics de proximité et
de paupérisation des territoires.
Au demeurant, la décentralisation voulue par Monsieur Raffarin
porte en germe la dislocation de toute la chaîne patrimoniale.
Transférer des monuments historiques aux collectivités
territoriales sur la base d’une double logique comptable et de
désengagement de l’Etat ; remettre totalement en cause
le rôle et l’organisation fonctionnelle des services de
l’inventaire du patrimoine ; renvoyer aux départements
et régions la gestion des crédits et la programmation
des travaux sur les monuments historiques, tout ceci participe d’un
affaiblissement sans précédent de la capacité de
votre ministère à favoriser l’égal accès
des citoyens à la culture sur l’ensemble du territoire
national. A n’en pas douter, si vous ne donnez pas, comme vous
en avez la possibilité, d’inflexion très significative à cette
réforme, vous mettrez directement en péril le CMN, les
DRAC et les SDAP.
En tout état de cause, l’ampleur et la gravité de
ce dossier commandent au responsable politique que vous êtes
de conduire sur ces sujets, et maintenant de toute urgence, un débat
contradictoire avec les représentants des personnels. Le 16
novembre, les agents ont exprimé très clairement leur
forte inquiétude tant en ce qui concerne le devenir de leurs
missions que de leur statut et de leurs conditions de travail. Ils
ne comprendraient pas que vous esquiviez une discussion de fond sur
tous les enjeux relatifs aux conséquences de la décentralisation.
En exigeant, à l’occasion de ce CTPM, l’ouverture
d’une réelle négociation, nos organisations syndicales
ne font que réitérer une demande maintes fois adressée à votre
cabinet.
Il vous appartient désormais, Monsieur le Ministre, d’entendre
la voix des personnels et de leur représentants. Vous pouvez
encore choisir de donner tout leur sens à vos engagements répétés
en matière de dialogue social. Mais dans le cas contraire, vous
porteriez la lourde responsabilité d’avoir sacrifié un
pan essentiel de la structure de ce ministère sur l’autel
d’une réforme injuste et très fortement contestée.
C’est pourquoi nous exigeons que soit communiquée séance
tenante une date de rencontre avec vous dans les délais les
plus rapprochés et sur un créneau horaire suffisant pour
que l’ensemble de ces sujets extrêmement importants puissent être
traités au fond.