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Communiqué du 15 septembre 2005 de la CFDT-Culture aux agents du Ministère de la Culture La CFDT-Culture a décidé de ne pas siéger ce jour
au CTPM. Vous trouverez ci-joint la déclaration officielle lue
en ouverture de la séance, et qui sera envoyée au ministre
ce jour. D’UNE POLITIQUE MINISTERIELLE…Tout d’abord, cela fait maintenant trop longtemps que nous essayons d’obtenir un véritable dialogue social – c’est-à-dire des séances de discussion, de négociation, de concertation – sans aucun effet. Le ministère se cantonne d’une part à des réunions obligatoires, où les syndicats sont invités à prendre la parole mais où d’emblée le Cabinet annonce qu’il ne modifiera rien à ses projets, et d’autre part à des pseudo-réunions de préparation ou de concertation, accumulées sur un temps réduit et dont les échanges sont étonnamment vite oubliés par l’Administration. De façon générale, la CFDT-Culture comptant
au nombre de ses priorités d’action la santé et la
souffrance au travail, il n’est pas anodin d’indiquer que
certains membres du Cabinet et de l’Administration tentent depuis
plusieurs mois de nous convaincre de laisser tomber ce dossier. Arguments
: « Ce n’est pas un vrai problème », « Il
n’y a pas de souffrance dans ce ministère », « Il
faut arrêter de dire que les agents de ce ministère sont
mal traités », « Parler de souffrance au
travail, c’est se discréditer et passer pour des amateurs et des
naïfs », « Je ne sais pas ce qu’est un risque
psychologique », « La visite médicale relève
d’une liberté individuelle et non d’une obligation
de l’employeur »………. Autre exemple, la proposition de création d’une « commission formation », émanation du CTPM, a été retirée du CTPM de juillet, et le Directeur de Cabinet s’était engagé à proposer un nouveau projet dès le 15 septembre, projet qui serait plus conforme aux échanges préparatoires qui avaient eu lieu avec l’administration générale. Résultat : le CTPM d’aujourd’hui est appelé à donner son avis sur le bilan formation et les orientations stratégiques – ce que nous avons déjà fait lors d’une réunion officielle avant l’été – mais on ne parle plus de « commission formation »… Voilà qui n’est pas un progrès ! Encore un : pour réussir à faire amender un procès-verbal de CTPM largement lacunaire, une de nos secrétaires générales adjointes a dû aller écouter les cassettes enregistrées et les faire écouter à l’administration… Décidément, il y a un problème de mémoire dans ce ministère. Et encore : le signalement au Cabinet et à l’Administration de certains comportements inadmissibles de responsables d’établissements se solde invariablement par des « Ah bon ! Vous faites bien de m’en parler, je m’en occupe », puis par des « Ah mais on ne peut rien faire puisque les établissements sont autonomes » et enfin par un blanc-seing et une impunité totale et tacite accordée à ces responsables, qui pourtant enfreignent parfois ouvertement les lois et les réglements les plus élémentaires. Dernier exemple : un membre de l’administration générale agresse verbalement une de nos secrétaires générales adjointes, dans une violente altercation soudaine et inattendue ; à notre demande d’excuses écrites, le Cabinet du ministre répond qu’il « ne peut pas exiger d’un membre de l’administration des excuses ». Sans commentaires… Et la cerise sur le gâteau : ce fonctionnaire en question répond à notre courrier en expliquant que la moitié de ses propos relevaient de l’humour, et que l’autre moitié relevait d’une leçon de bonne conduite. Réponse validée par le Cabinet du ministre et par l’Administration générale. Pourquoi donc continuerions-nous à participer à ce simulacre de dialogue social ? Le ministre se vante d’avoir restauré le dialogue social dans ce Ministère… Il n’est pas très lucide. La CFDT-Culture a d’autres moyens d’action – qu’elle privilégiera désormais – plutôt que de jouer les figurants dans des réunions orchestrées dans un but d'affichage trompeur et finalement insultant pour tous les agents. … A UNE POLITIQUE GOUVERNEMENTALEMais ne nous étonnons pas trop de ces attitudes. Dans une meute de loups, personne ne miaule. Notre ministre ne fait jamais qu’être fidèle à la ligne de conduite suivie avec acharnement par son gouvernement : ne pas écouter la parole des citoyens, faire passer en force des réformes anti-sociales et destructrices, ne faire aucun cas des manifestations populaires, faire œuvre de destruction sociale au nom des profits financiers de quelques-uns, casser les services publics puisque la notion même de « public » est remplacée par celle de « clients » (quand même ces « clients » financent par leurs contributions fiscales ces services publics), exercer le pouvoir au mépris des instances démocratiques et républicaines, etc. A une époque où l’emploi est précarisé de façon honteuse (cf les nouveaux contrats avec 2 ans de période d’essai), où les chômeurs sont culpabilisés et sanctionnés, où les assurés sociaux sont pénalisés d’être malades, où les salaires n’évoluent plus, où tout est mis en œuvre pour contenter une minorité de grands patrons dont la seule ambition est d’augmenter encore et toujours leurs profits, où la démocratie sociale n’est devenue qu’une façade qui cache mal une élite attachée à ses pouvoirs et ses privilèges, où le terme même de « social » est prononcé quasiment avec mépris et condescendance, comment espérer qu’un ministre fasse figure d’exception et se comporte mieux avec ses propres agents ? Il est temps que les agents et salariés de ce ministère
expriment leur ras-le-bol. La prochaine journée de mobilisation
du 4 octobre sera une première occasion, en cette rentrée,
de dire à nos gouvernants ce que nous pensons de leur politique
ultra-libérale, anti-sociale, rétrograde et réactionnaire.
Unissons-nous à cette occasion pour dire « STOP » haut
et fort, puisque les récents « NON » n’ont
apparemment pas été compris… Faudra-t-il un jour
en arriver aux pavés, où nos dirigeants vont-ils enfin
comprendre que la première exigence des citoyens, c’est
qu’on respecte, voire qu’on restaure, leur dignité et
leurs droits fondamentaux ?
Voir la déclaration lue en ouverture du CTPM et envoyée au ministre : cliquez ici |