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COMMUNIQUÉ CFDT-Culture :

PRESSER LES CITRONS POUR MIEUX SE SUCRER !

Ou… en clair :

La prime ou l’indemnité annuelle octroyée à certains cadres représente treize fois (a minima) « le treizième mois » (dixit le premier ministre) récemment accordé généreusement à d’autres catégories au titre de la prime pour l’emploi. C’est aussi, grosso modo, le salaire annuel d’un fonctionnaire de catégorie C, ou d’un salarié de statut équivalent.

Tous égaux en droits, tous égaux devant la loi mais tous différents par rapport aux choix… des rois. Comment ? nous sommes en République ? !… Oh ! Pardonnez-nous ! Nous commencions à l’oublier !

Les rapports d’audits sur les dépenses de l’Etat ne manquent pas. D’ici à octobre 2006 environ, cent audits seront rendus qui couvriraient environ cent milliards d’euros de crédits. Avec bien sûr des économies à réaliser. Il semble bien que l’on cherche les moindres deniers dans les plus petits coins… Au cabinet du Premier Ministre on affirme que tout sera publié. Mais l’on sait que les promesses gouvernementales sur la transparence ont bien du mal à voir le jour.

La CFDT-Culture s’est donc prise au jeu de cette chasse au « gaspi » ! Et nous avons découvert la cassette ! Ceci tombe à point au moment où nous avons lu ou entendu ici et là, que l’accord signé sur le volet social 2006 (qui n’est pas l’accord salarial, non signé lui) par la CFDT, la CFTC et l’UNSA allait entamer les finances publiques de l’Etat. En vérité, on regarde moins aux dépenses pour certaines catégories de fonctionnaires ! Et c’est principalement vers le ministère de la culture que notre regard s’est tout naturellement tourné.

Voici donc, au hasard, quelques «niches » que nous avons relevées. Elles concernent des primes ou indemnités allouées à la hiérarchie ministérielle au titre de 2006. On ne reparlera pas des indemnités de fonctions versées aux Directeurs Régionaux des Affaires Culturelles (12 500 euros par an, en moyenne), catégorie où l’on retrouve ces derniers temps, soit-dit en passant, quelques conseillers du Ministre qui ont usé de la technique préventive du parachutage.
Donc, le 11 août 2006 a été publié le décret n° 2006-1019 portant attribution d’une indemnité de performance en faveur des directeurs d’administrations centrales ou de fonctionnaires exerçant des fonctions équivalentes. C’est instructif et pour ne pas en faire un raccourci imprécis nous vous invitons à consulter le lien suivant : http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PBHOC.htm

Ensuite il y a un arrêté du 9 août 2006 sur l’indemnité de sujétions spéciales pour le directeur général de la BNF. Une broutille !… 13 009 euros par an , en moyenne. Puis l’arrêté du 9 août 2006 sur l’indemnité de sujétions spéciales pour les directeurs et le directeur délégué de la BNF. Une misère ! …9960 euros par an , en moyenne.
En remontant dans le temps, en l’an 2000, on trouve aussi une indemnité de sujétion spéciale… 12 500 euros pour cette année-là, en faveur du directeur du musée d’Orsay, du secrétaire général de l’établissement public de Versailles, de l’administrateur général du Louvre et de son président ainsi que le délégué général à la langue française.
En fouillant plus, on retrouve l’arrêté du 16 mars 2004 sur le montant maximum de l’indemnité de fonction allouée à certains emplois de l’INRAP. Par exemple, pour les agents exerçant des fonctions de direction, l’indemnité annuelle est de 20 500 euros ou de 16700 euros pour d’autres… un bon pourboire quoi !
Cette même année 2004, décidément bien généreuse, il y avait l’arrêté du 18 février qui fixait le montant de la prime d’activité susceptible d’être allouée aux membres du corps de l’inspection générale : soit 8918,25 euros pour certains, 7755 euros pour d’autres. Quant au chef de ce service, sa prime est de 9528 euros.
Enfin, nous vous laissons pour lecture à l’adresse suivante :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=FPPA0400124A, l’arrêté du 10 novembre 2004 sur des indemnités de fonctions et de résultats versées à certains personnels de la DAG.

Dans cet échiquier, les directeurs des écoles d’architecture font figures de parents pauvres avec leur prime fonctionnelle au montant moyen annuel de 4200 euros ! Occuper une telle fonction s’apparenterait-il à une punition ? !

Cette petite visite, dans cet univers mystérieux et souvent opaque des primes de la hiérarchie n’a pas pour but de contester l’existence de telles ou telles primes ou indemnités, car nous ne nions pas les responsabilités en présence… Néanmoins, on est en droit de s’interroger quand de zélés fonctionnaires (quel que soit leur grade hiérarchique) viennent contester quelques dizaines d’euros annuels à tel ou tel salarié…
D’autres encore sanctionnent un déroulement de carrière qui ne rapporterait à l’éventuel bénéficiaire qu’une poignée d’euros de plus dans un premier temps… Et puis il y a les donneurs de leçons qui expliquent que les personnels sont suffisamment rémunérés pour ce qu’ils font… Ajoutons à cela tout le ridicule des primes au résultat, de la notation au mérite, etc …Sans oublier les beaux
discours moralisateurs sur les difficultés du budget de l’Etat.

Face à une telle pluie de gratifications, que dire des goutelettes qui viennent de s’abattre si généreusement sur des citoyens qui vivent dans des conditions difficiles, c’est-à-dire :
- l’équivalent d’un treizième mois (dixit le premier ministre) pour les salariés aux revenus modestes ;
- l’attribution de 300 euros annuels pour les étudiants boursiers (moins d’un euro par jour). Sans parler de tous ceux qui ne sont pas boursiers, qui galèrent, courent après des petits boulots et sans que l’on se préoccupe de leur état précaire.

Dans ce contexte, face à toutes ces inégalités, la CFDT-Culture invite tous les personnels à ne rien laisser passer qui soit atteinte à leurs droits, à leur dignité, à leurs rémunérations. Bien des attitudes, et beaucoup trop, sont inadmissibles au regard des volontés de plus d’égalité et de transparence affichées, ou encore des appels à la solidarité pour contribuer à l’effort de résorption de la dette de l’Etat. Nos exemples montrent à l’évidence que dans la fonction publique l’égalité en matière de rémunérations n’existe pas et que tout est faussé par le jeu d’octroi de primes ou d’indemnités.

Voilà donc une bonne lecture de rentrée qui vous remettra directement dans le bain de certaines réalités. Et c’est promis-juré : nous recommencerons !

Voici pour rappel les liens où vous pouvez consulter les documents cités :
- arrêté du 10 novembre 2004 relatif à l’indemnité de fonctions et de résultats en faveur de certains personnels de l’administration centrale du ministère de la culture et de la communication
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=FPPA0400124A
- décret n°2006-1019 du 11 août 2006 portant attribution d’une indemnité de performance en faveur des directeurs d’administrations centrales http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PBHOC.htm