
Prime de 300 euros,
discrimination au sein du corps enseignant
Comment deux notes officielles presque semblables signées
et datées du même jour, le 30 octobre 2006, peuvent-elles
co-exister ?
Il y a quelque temps la CFDT-Culture a découvert l’existence
d’une nouvelle version de la note de la DAG concernant le complément
exceptionnel de rémunération (l’affaire des 300
euro), datée aussi du 30 octobre 2006. Il existe donc deux versions
toutes deux très officielles de la même note. Elles diffèrent
par deux rajouts. Un paragraphe en tête de la page 2, où
il est ajouté dans le chapitre concernant les agents qui ne bénéfieront
pas du complément de rémunération:
“ - les personnels enseignants, car il n’existe pas de bases
réglementaires pour le versement de primes aux agents titulaires
et qu’il a été décidé, par effet de
symétrie, de ne pas accorder de complément exceptionnel
de rémunération aux contractuels enseignants.”
Un paragraphe en page 3 : “ - corps n’ayant pas de régime
indemnitaire dans leur statut (exemple : professeurs et maîtres
assistants des écoles d’architecture)
On comprend mieux pourquoi la DAG ne souhaite pas que les notes officielles
soient diffusées à l’ensemble des agents de notre
Ministère, ce nouveau concept de notes à “géométrie
variable” risquerait de semer le doute dans l'esprit des agents
de la Culture.
Mais là n'est pas notre propos, c'est le contenu de ce paragraphe
supplémentaire que nous fait réagir :
- premièrement, il démontre tout de même une méconnaissance
des corps d’enseignants titulaires de la culture, pourtant peu
nombreux. Contrairement à ce qui est dit dans la note, le corps
des professeurs des écoles nationales supérieures d’art
possède un régime indemnitaire (Décret n° 2004-840
du 20 août 2004 fixant le régime indemnitaire applicable
aux professeurs des écoles nationales supérieures d’art),
serait-il possible que pour la DAG un professeur ne soit pas un enseignant
?
- deuxièmement, pour les non-titulaires, la CFDT-Culture maintient
que la prime de 300 euros doit être attribuée à
tous les contractuels recrutés sur besoins permanents même
à temps incomplet en fonction au 30 septembre 2006 (le périmètre
étant fixé dans le chapitre 1 de la note).
Exclure des contractuels en fonction au 30 septembre 2006 et qui remplissent
les conditions relevant de l’article 4 et 6.1 de la loi de 84
, au motif qu’ils sont enseignants, est discriminatoire, scandaleux
et particulièrement malhonnête. Nous avons appris que les
enseignants contractuels des Conservatoires Nationaux Supérieurs
de Musique et de Danse de Paris et de Lyon ont été exclus
sans aucune raison du dispositif. Seuls les vacataires recrutés
sur besoins occasionnels et saisonniers en étaient exclus.
-troisièmement, on retrouve dans le même paragraphe, une
nouvelle règle édictée par l’administration
: la décision d’accorder ou non une prime par effet de
symétrie. Dans ce cas, la CFDT-Culture demande que l’on
accorde par effet de symétrie à tous les agents du MCC,
le même montant de prime qu’aux Directeurs Régionaux
des Affaires Culturelles (en moyenne :12500 euros annuel).
Si une telle inégalité de traitement persistait, la CFDT-Culture
saurait trouver les moyens pour faire cesser cette injustice.
Paris, le 20 décembre 2006