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Paris le 27 avril 2007 La CFDT-Culture vous informeDes nouvelles du « Louvre™ » des sables…(suite) : il faut battre le fer tant qu’il est chaud !Heureusement que deux semaines séparent traditionnellement les deux tours de l’élection présidentielle. Même si l’histoire semble bégayer, sa grande leçon, c’est que l’erreur est réparable… en faisant vite. Le Conseil d’administration manqué du 20 avril a donné lieu à une nouvelle, et immédiate, convocation pour le vendredi 27 avril. Cette fois-ci l’administration a battu le rappel du ban et de l’arrière-ban ! Le quorum a été atteint, sans qu’il soit besoin d’amadouer les vilains représentants du personnel, qui ont tous les quatre, comme annoncé et argumenté, voté contre, courageusement épaulés par un représentant des lecteurs ! Cinq voix contre onze. Ouf ! La BnF est enfin membre de la société commerciale France Museums, décision dûment approuvée par son CA… Quoi qu’il arrive le dimanche 6 mai, le plus dur est fait. Seuls quelques esprits chagrins continueront de s’indigner : 1) du manque absolu de concertation qui a présidé successivement à la mise sur pieds du Louvre d’Abou Dhabi, à la signature du contrat intergouvernemental du 7 mars dernier, à l’échafaudage à la hâte de la société commerciale écrin (non ! pas écran, écrin !) de fructueux versements financiers, la désormais fameuse France Museums ; 2) de l’obscénité de ces conseils d’administration en rafale pour entérination, aux ordres, des desiderata ministériels. Sauve qui peut ! Il faudra pourtant poursuivre le débat public, et essayer, comme nous l’écrivions il y a moins d’une semaine, de limiter les dégâts, en terme de patrimoine, en terme d’assignation des personnels. Il faudra bien, et nous y mettrons toutes nos forces, encore et toujours, que cesse cette façon autiste, méprisante pour le peuple et pour les agents de notre ministère, d’imposer une volonté d’en haut qui ne tient compte d’aucun avis que celui qui prend sa source dans l’arrogance et le despotisme. Et nous doutons que ce despotisme-là soit « éclairé ». Ci-dessous la motion des représentantes CFDT de la BnF, qui devra figurer au procès-verbal du conseil d’administration du 27 avril.
CA du 27 avril 2007. Motion des représentants CFDT de la BnF élus du personnel (à rapporter intégralement au procès verbal)
Précipitation également pour raccrocher la BnF au dispositif de cette agence « France Museums » puisqu’ elle ne figurait pas à l’origine dans la liste des établissements intégrés dans l’accord (cf. Annexe 3 du texte de l’accord). Il est vrai que cette agence, « personne morale de droit français », pour reprendre les termes de la note de la DMF, constituée pour « conseiller et assister », « concevoir et organiser », « prêter des œuvres », se révèle surtout, en raison de son caractère commercial, la tirelire adéquate pour percevoir et redistribuer l’argent émirati, ce que des établissements publics ne peuvent faire. Bien qu’enrobé du discours convenu accompagnant la signature de l’accord, évoquant une « mondialisation humaniste de la culture », force est de constater que cet accord est une entreprise de marchandisation de la culture, à hauteur d’un milliard d’euros. Le Golfe arabique qui, dans ce même discours, « devient la zone clé où se jouera la coexistence harmonieuse entre civilisations et religions », n’est-il pas plutôt une zone où circulent d’abondance les pétrodollars ? La CFDT est évidemment constamment favorable à toute coopération culturelle, comme cela se fait depuis des décennies, fort heureusement, à la BnF, au mieux des intérêts de toutes les parties prenantes, bibliothèques, musées, français et étrangers ; mais ce n’est pas, nous semble-t-il, l’esprit de cet accord, rendu exclusif par les Emirats arabes unis puisqu’il stipule qu’aucune opération similaire ne pourra être engagée avec aucun des autres pays du Golfe et du Moyen-Orient (Égypte, Liban, Syrie, Irak, etc.). Par contre, la structure financière à laquelle on nous demande de voter notre participation ménage l’avenir pour d’autres accords : l’argent n’a pas que l’odeur du pétrole… Pour en revenir à la contribution de la BnF à ce projet, contribution prélevée sur la richesse (et la fragilité…) de ses collections, et sur son savoir-faire, rien n’est précisé, sinon que cette contribution « s’effectuera en fonction de la disponibilité des ressources humaines correspondantes » ; en d’autres termes, cela viendra s’ajouter aux missions actuelles de la BnF, sans aucun apport d’effectifs nouveaux, alors que, nul ne l’ignore ici, la Bibliothèque connaît depuis des années un sérieux déficit en personnel, générateur d’une grande tension dans l’accomplissement de ses missions ! La maigreur des informations dont nous disposons, la brièveté du temps de réflexion qui nous a été octroyé, l’imminence de l’élection présidentielle immédiatement après d’opportuns mouvements à la tête de plusieurs établissements soumis à la tutelle du ministère de la Culture, font de ce CA, et probablement de tous ceux qui, dans les établissements sollicités, se sont déroulés ces derniers jours, un simulacre d’instance de délibération, au moment même où l’audit conduit par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale de l’administration des affaires culturelles appelle à « revaloriser les travaux des conseils d’administration »… Par conséquent, c’est avec la plus grande fermeté, même si notre poids relatif en cette instance ne peut permettre à notre point de vue de prévaloir, que nous votons NON à la participation de la BnF à la SAS (société par actions simplifiée) « France Muséums ». |