
NOTATION ET AVANCEMENT :
NOUS AVONS AGI !
DE VOTRE COTE, AGISSEZ POUR METTRE
FIN A UNE SITUATION INACCEPTABLE !
Dès l’automne 2005, la CFDT-Culture s’est saisie
de la question de la mise en place de la réforme de la notation
car nous avions fait le constat de dysfonctionnements inacceptables
et fortement préjudiciables pour les agents.
Nous n’avons jamais cautionné cette réforme. Et
nous avions raison !
Cette application cahotique et injuste vient confirmer les craintes
que nous avions émises auprès de l’administration
qui a passé outre.
Après analyse des informations parvenues :
Une note argumentée a été remise au Ministre lors
de l’entretien qu’il nous a accordé le 2 janvier
dernier.
. Nous avons exposé différents manquements graves
émanant de certaines hiérarchies dans l’évaluation
et la notation ;
. Nous avons dénoncé l’injustice
qui ressortait de calculs incompréhensibles et soumis au manque
d’objectivité, quoi que nous dise l’administration
;
. Nous avons fait des propositions pour endiguer une
marche destructrice, mais aussi faire acte de progrès.
Nous attendons la réponse de l’administration.
Ensemble, il convient de peser de tout notre poids afin que la réponse
de l’administration à notre demande aille dans un sens
bénéfique aux agents.
Apportez votre soutien à cette cause qui touche chacun d’entre
nous. Bonifié cette année, le serez-vous l’année
prochaine… en dépit d’un travail identique ? Et pire,
si vous n’êtes pas noté, vous ne serez jamais promouvable
car votre dossier ne passera jamais en CAP !
Si vous êtes mécontent de la façon dont s’est
déroulé le processus de notation à votre égard,
n’hésitez pas à saisir par courrier le président
de la CAP de votre corps (chef du service du personnel du ministère)
Vous avez des interrogations ou des difficultés ? Contactez
la CFDT-Culture.
Appel de notation : mode d'emploi
Pourquoi et comment :
Pourquoi la CFDT–Culture soutient-elle les démarches
collectives ou individuelles des agents qui font appel de leur notation
?
° Parce que l’administration mesure le seul résultat
sans prendre en compte l’effort, la qualité ou le contenu
du travail.
° Parce qu’il n’y a pas de garantie d’équité
et que l’on dérive vers l’évaluation de la
personne.
° Parce que le travail est collectif alors que l’évaluation
et la notation sont individuelles.
° Parce que le risque est la mise à mal des solidarités,
des échanges et des soutiens entre collègues.
° Parce qu’elle rejette l’injustice, l’absence
de transparence et la subjectivité du nouvel exercice.
° Parce qu’elle est pour une véritable carrière
linéaire.
° Parce que l’administration ne dispose pas du nombre de
majorations de note suffisant.
° Parce que le dialogue professionnel ne peut s’imposer de
manière autoritaire.
Beaucoup d’agents qui ont rempli leurs objectifs 2004 et qui
attendaient une reconnaissance par la notation sont déçus.
Dans certaines directions, l’activité syndicale peut-être
prise en compte, soit de manière implicite par la non attribution
de majoration de note, soit de façon explicite dans le compte
rendu d’évaluation.
La CFDT-Culture dénonce l’arbitraire de cet exercice et
revendique sa suppression.
Ne rentrez pas dans le jeu de l’administration qui consiste à
porter sur les collègues la responsabilité d’une
absence de majoration de note. A la place, faites appel si vous l’estimez
nécessaire. Ce document vous explique pourquoi et comment.
L'appel Analyser sa notation
La CFDT-Culture a refusé depuis toujours le principe même
de la notation. Elle récuse naturellement le nouveau système
de l’évaluation notation.
Pourquoi faire appel ?
De nombreux agents hésitent malheureusement à contester
leur notation. Pressions de la hiérarchie, méconnaissance
des modalités pratiques, indifférence face à la
notation, toutes ces raisons sont autant de freins à l'exercice
du droit de recours statutaire.
Les conséquences de la notation sont importantes, tant pour
les listes d’aptitude, les tableaux d’avancement que pour
le passage en catégorie supérieure.
La notation se compose d’une note chiffrée et d’appréciations
littérales
° Appréciations portées sur le compte rendu d’évaluation
dans sa totalité.
° Appréciations littérales sur la fiche de notation.
Pour cette partie importante il convient de se reporter au paragraphe
6.3 page 14 de la lettre du Ministre en date du 13 septembre 2004 ci-après
:
Paragraphe 6. 3 lettre Ministre page 14 :
Pour ce qui est de la note, c’est l’article 2 de l’arrêté
du 23 décembre 2003 fixant les conditions de notation qui précise
les dispositions du décret 2002-682. L’option choisie est
de prendre en considération les évolutions déjà
acquises en 1998, et d’éviter une remise à plat
des notes déjà opérée alors :
- en gardant le niveau actuel des notes chiffrées tant au
plan collectif qu’individuel, tout en ne limitant plus cette note
à 20 (elle peut donc aller au delà sans aucun plafonnement)
afin d’en poursuivre l’évolution ;
- en reprenant les niveaux de progression définis en 1998
et aujourd’hui intégrés dans les esprits comme base
du nouveau système : 0,25 point étant une progression
remarquée et 0,50 point une progression maximale. Des règles
équivalentes ont été fixées pour les baisses
de note (baisse de 0,25 point, baisse de 0,50 point) ;
- en fixant une première notation dans un corps sur la base
de 15.
Le titre 2 du décret n° 2002-682 organise la relation
entre la progression de la note et les réductions ou majorations
d’ancienneté : une relation directe et automatique est
crée, le notateur et l’agent sachant qu’elle sera
la conséquence sur l’avancement de carrière de la
note attribuée en accédant plus rapidement à l’échelon
supérieur de son grade. En effet, le statut particulier de chaque
corps fixe la durée moyenne et la durée minimale de séjour
dans chaque échelon, des réductions d’ancienneté
pouvant permettre de réduire cette durée moyenne dans
la limite de la durée minimale et des majorations d’ancienneté
pouvant l’augmenter.
Ainsi, la note perd le sens de sa valeur « absolue »
: ce qui compte, c’est la progression d’une année
sur l’autre. La détermination de la note chiffrée
se fait sur les bases suivantes (articles 2 et 3 de l’arrêté
du 23 décembre 2003) :
- la progression n’est pas obligatoire ;
- la progression maximale réglementaire est de 0,50 point et
tout dépassement sera rejeté ;
- une progression de note qui reste strictement inférieure à
0,25 point permet de remarquer le travail de l’agent sans qu’il
y ait attribution d’une réduction d’ancienneté
;
- une progression de note supérieure ou égale à
0,25 point et strictement inférieure à 0,50 point permet
de remarquer le travail de l’agent en lui attribuant une réduction
d’ancienneté d’un mois ;
- une progression égale à 0,50 point permet de remarquer
le travail de l’agent en lui attribuant une réduction d’ancienneté
de trois mois ;
- de manière symétrique, une baisse de note de 0,25 à
0,49 point induit une majoration d’ancienneté de un mois
et une baisse de note de 0,50 point induit une majoration d’ancienneté
de trois mois.
Les personnels des corps de recherche conservent leur système
particulier d’avancement accéléré, une rubrique
particulière figurant dans la fiche de notation. Les corps qui
ont des échelons explicitement irréductibles ou dont les
statuts particuliers prévoient une dérogation à
l’application du titre III du décret 2002-682 (conservateurs
du patrimoine, conservateurs généraux du patrimoine, administrateurs
civils, inspecteurs généraux de l’administration)
se voient appliquer la réforme sans qu’il y ait répartition
de réduction ou majoration d’ancienneté.
Attention aux baisses de note :
lors de la première année de notation dans l’échelon,
la marge d’évolution de la note s’apprécie
par rapport à la note de l’année précédente.
Les années suivantes, la marge d’évolution de la
note s’apprécie par rapport à la note de l’année
précédente. Autrement dit entre 2 échelons, un
agent ayant une note inférieure à celle de l’année
précédente doit réagir en faisant appel.
L’administration considère qu’une baisse de note
est significative d’une insuffisance professionnelle, laquelle
peut déboucher sur une non inscription à un tableau d’avancement,
voire une procédure disciplinaire.
Les points à surveiller
Dans le compte-rendu d’évaluation, si l’entretien
d’évaluation n’a pas eu lieu, vérifier si
les objectifs assignés par le chef de service (dans le cadre
« Objectifs fixés pour l’année à venir
») sont réalistes et si des réserves sont mentionnées.
En cas de changement de service, vérifier qu’aucune réserve
ne soit mentionnée dans la fiche préparatoire à
l’évaluation.
D’une manière générale vérifiez
:
* les incohérences :
° entre la note chiffrée et le compte rendu ;
° entre le compte rendu d’évaluation et les appréciations
littérales ;
° entre la note chiffrée et l’indication donnée
par le chef de service lors de l’entretien d’évaluation
: si tel est le cas, il y a une forte probabilité que vous soyez
victime du contingentement ;
° entre l’avis du fonctionnaire d’encadrement et le
compte rendu du notateur et les appréciations générales
de la fiche de notation.
* que le compte rendu d’évaluation est le reflet exact
de l’entretien ;
*que la note définitive n’est pas inférieure à
la note de l’année précédente ;
* que la note chiffrée n’est pas incohérente avec
les appréciations littérales de la fiche de notation et/ou
du compte-rendu d’évaluation.
Attention
Dans votre appel, soulignez particulièrement les questions
touchant à l’organisation du travail et à la formation
professionnelle. Les conditions de travail ou l’impossibilité
de réaliser les missions doivent être mentionnées.
L’appréciation littérale doit être rédigée
par le notateur en tenant compte de l’évaluation de l’année
de gestion considérée (c’est à dire l’année
de gestion 2004 ou 2005 dès lors que nous sommes en 2006) et
prendre en compte la valeur professionnelle de l’agent.
Quatre critères doivent être pris en compte pour cette
appréciation :
° les connaissances professionnelles ;
° les compétences professionnelles ;
° l’implication professionnelle ;
° le sens du service public.
Il faut donc faire particulièrement attention à cette
appréciation et veiller à ce que tous ces points soient
mentionnés.
N’hésitez pas à faire appel en cas :
° de présence de réserves (efforts à faire,
améliorations demandées, critiques diverses) ;
° d’utilisation du conditionnel ou du futur ;
° de disparition de qualificatifs favorables d’une année
sur l’autre ;
° de présence d’éléments antérieurs
ou postérieurs à l’année de gestion ;
° de mention d'éléments non professionnels (maladie,
maternité, activités syndicales ou mutualistes) avec une
connotation négative ;
° d’appréciations non conformes avec le travail réellement
effectué ;
° d’appréciations trop lapidaires et/ou manquant de
« chaleur ».
Quelques conseils
Les points positifs
Dans la rédaction de votre recours, ne dénigrez pas
vos collègues ou votre supérieur hiérarchique.
Cela ne vous aidera pas, bien au contraire.
Présentez un argumentaire qui valorise votre activité,
les formations suivies, les remplacements effectués, les initiatives
prises, le respect des échéances et/ou des plannings etc.
Les points négatifs
Ils ne devraient concerner que le fonctionnement général
du poste ou du service : sous-effectif, restructuration, locaux mal
aménagés, conditions de travail dégradées,
bruit, etc.
Soyez vigilant
Si vous êtes
° dans un échelon fixe
° dans un échelon terminal ou si vous l’atteignez
l’année prochaine.
Il est fortement probable que votre direction ne vous ait pas attribué
de majoration de note pour la raison qu’elle est sans incidence
sur la durée dans l’échelon. Si tel est le cas,
n’hésitez pas à faire appel.
Si vous avez changé de service en 2004 ou en 2005 pour l’exercice
2006 (mutation, détachement…)
Votre notateur n’est pas le chef du service dans lequel vous
aurez passé le plus de temps en 2004 ou en 2005 pour 2006. Les
objectifs fixés n’auront certainement pas pu être
réalisés.
Soyez donc vigilant : votre activité passée dans votre
ancien poste doit être prise en compte dans le compte rendu d’évaluation
et votre notation. Attention, l’expérience nous dit que
ce n’est pas toujours le cas.………..
L'appel La procédure d'appel
Le point de départ d’un éventuel appel commence
à compter de la date de la remise de la fiche de notation.
L’appel de notation porte sur trois éléments :
° La note chiffrée
° Les appréciations littérales
° Le compte rendu d’évaluation
La procédure d’appel en CAP
Comment faire appel :
En utilisant le feuillet « observations de l’agent sur son
évaluation »de la fiche d’évaluation-notation
et que, si vous ne disposez pas de suffisamment de place sur l’imprimé,
joignez des feuilles libres.
1) La demande de révision devra être adressée au
directeur du SPAS, président de la CAP, dans le délai
de deux mois après remise de la notation.
Attention : cette demande doit être motivée précisément.
N'hésitez pas à prendre conseil auprès
d'un militant CFDT-Culture pour la rédaction de votre appel.
Attention : n’oubliez pas de cocher les cases qui concerneront
la nature de votre appel. Cochez absolument au moins une des deux cases
(note chiffrée ou appréciations littérales) si
vous souhaitez faire appel contre le compte rendu d’évaluation.
Important
Votre demande de révision doit être motivée et suffisamment
détaillée afin que le chef de service notateur puisse
vous répondre par écrit. Important : aucun point ne pourra
être valablement défendu en CAP s’il ne figure pas
dans votre demande de révision.
Vous devez adresser votre appel au président de
la CAP sous couvert de votre supérieur hiérarchique :
° en exposant les motifs de la demande d’une façon
précise et concise, sans oublier de dater et de signer le recours
;
° en rédigeant dans un vocabulaire clair et simple ;
° en s’appuyant, si possible, sur les éléments
inscrits dans la rubrique «observations» ;
° en privilégiant des phrases affirmatives plutôt que
négatives.
2) Le chef de service notateur instruit la demande de révision
de la notation.
Dans sa réponse, il doit résumer l'activité de
l'agent, répondre à tous les arguments évoqués
et joindre une copie de toutes les pièces qu'il cite.
3) Une copie du rapport du chef de service est communiquée à
l'agent par la direction.
L’agent communique le plus rapidement possible la réponse
du chef de service au représentant CFDT-Culture s’il le
souhaite.
4) L’agent prend contact avec son représentant CFDT-Culture
afin de construire la défense de son appel en CAP s’il
le souhaite.
5) La CAP se tient et émet un avis sur la demande de l’agent.
Tous les points litigieux doivent avoir été évoqués
dans l’appel de l’agent.
6) Le directeur notifie par écrit à l’agent la
suite réservée à son appel dans les dix jours qui
suivent la tenue de la CAP.
L'appel Quelques exemples
Les revendications de la CFDT-Culture
Votre appel de notation est différent des autres. En effet,
chaque situation, chaque parcours professionnel ne ressemble à
aucun autre.
Ces exemples ont pour objectif de vous aider dans votre appel de notation.
Dans le cadre de la requête de l’agent voici un courrier
type :
" Monsieur (ou Madame) le (la) Président(e) de la
CAP
Après avoir pris connaissance de la notation définitive
qui m'a été attribuée au titre de l’année
2005 (gestion 2004) et conformément à :
° l’article 10 du décret 2002-682 du 29 avril
2002 (J.O. n°102 du 2 mai 2002 – p.7996)
° les trois arrêtés du ministère de la culture
et de la communication du 23 décembre 2003
° la lettre du Ministre de la culture et de la communication en
date du 13 septembre 2004 aux directeurs et délégués
de la DAG ; aux préfets de région pour les DRAC, aux préfets
de département pour les SDAP ainsi qu’aux présidents
et directeurs des établissements publics à caractère
administratif,
je demande la révision de ma notation et/ou de mes appréciations
littérales relative(s) à l’année 2005, gestion
2004 ou à l’année 2006, gestion 2005."
Si vous souhaitez faire appel de votre compte-rendu d’évaluation
:
" Je demande également la rectification de mon compte-rendu
d’évaluation puisque celui-ci a servi à la fixation
de la note et des appréciations littérales de ma notation.
En effet,
° la note de ... me situe en dessous de ma note précédente.
Elle équivaut donc à une baisse et ne reflète pas
ma manière de servir. Préciser bien le pourquoi du
comment.
° la note chiffrée ne correspond pas à ma manière
de servir (citer explicitement les propos du chef de service).
° en effet, la note chiffrée est maintenue à …
alors que mon chef de service m’avait indiqué une progression
de celle-ci à l’issue de l’entretien d’évaluation.
Dès lors qu’aucune réserve sur ma manière
de servir est mentionnée , je demande une évolution positive
de ma note.
° les appréciations littérales contenues dans
le compte-rendu d’évaluation et/ou la fiche de notation
indiquent que ma manière de servir a été appréciée
durant l’année 2004. (Détailler, argumenter)
IMPORTANT
N’oubliez pas de joindre la feuille originale de votre notation,
la fiche originale de votre compte rendu d’évaluation,
la ou des fiches préparatoires à l’évaluation
et à la notation ainsi que le cas échéant, l’avis
du fonctionnaire d’encadrement.
Quelques exemples d’appréciations négatives
° L’introduction de l’adverbe "progressivement"
qui marque un retrait par rapport à l’année précédente…
° La référence au soin et à la qualité
du travail a été supprimée sans motif apparent…
° Les appréciations restrictives par rapport à celles
de l’année précédente…
Vérifiez que tous les travaux qui vous ont été
confiés ont bien été pris en compte dans l'appréciation
de votre manière de servir, Attention : la rédaction de
votre demande de révision est un moment important. Si vous devez
indiquer tous les éléments à partir desquels la
CAP devra se prononcer, nous vous conseillons de vous rapprocher à
ce stade des élus CFDT-Culture en CAP ou du secrétaire
de section CFDT-Culture.
Si vous contestez la note chiffrée, vous pouvez
indiquer la marge d’évolution que vous souhaitez obtenir
:
Exemple : conformément aux observations formulées précédemment,
je demande une marge d’évolution positive de +0,25 (ou
plus 0,50)..
CAP : une obligation de moyens
Sauf incohérence manifeste entre les éléments
d'une notation, il n'est pas possible de prédire les résultats
d'un appel. En effet, la CAP n’émet qu’un avis.
Lors de la CAP, les élus du personnel défendent les agents
arguments contre arguments. Toutefois, c’est toujours le directeur
ou l’autorité le représentante qui décide
au final.
Mais, dans tous les cas, l'appel permet de prendre date en marquant
un désaccord avec sa notation. Il force le chef de service, le
président de la CAP et éventuellement l’administration
à fournir des explications souvent intéressantes et utiles.
Attention : n’oubliez pas que l’administration considère
que « qui ne dit mot, consent ».
Enfin, dans environ un cas sur cinq, les élus en CAP obtiennent
un relèvement de la note chiffrée, et dans environ un
cas sur trois, une correction des appréciations littérales
ou des recommandations pour le notateur.
Comme indiqué dans les différents compte rendus des élus
nationaux , les CAP sont le lieu par excellence de défense des
appels de notation des agents.
Notez bien que le centre de gravité de la défense des
agents est la CAP, au plus proche des agents et de leur situation, c'est
à dire au meilleur niveau pour apporter des solutions qui ne
sont pas toujours quantifiables en majorations de note ou en modifications
des appréciations littérales et qui traduisent parfois
une véritable souffrance au travail.
Notation Quelle stratégie ?
Le recours administratif gracieux
Avant et pendant l’appel de l’agent, une phase appelée
recours administratif gracieux peut être mise en place pour permettre
une phase amiable de discussion avec les chefs de service.
Cette phase amiable ne peut concerner bien évidement que d’éventuelles
modifications des appréciations littérales de la fiche
de notation et du compte rendu d’évaluation.
Face à la notation qu’elle rejette, la CFDT-Culture vous
conseille d’user également de cette possibilité
afin de convaincre le notateur du bien fondé de vos arguments,
et de faire éventuellement modifier les appréciations
litigieuses, avant le passage de votre appel en CAP.
Cette phase de dialogue, qui ne sera pas toujours possible, doit être
recherchée par l’agent. Le résultat obtenu est certain
et non plus hypothétique.
En effet, l’administration considère que, même après
un avis positif à la requête de l’agent en CAP, l’évaluateur
qui a rédigé le compte rendu peut le modifier ou non.
La CFDT-Culture, par l’intermédiaires de ses élus,
veillera à ce que les avancées obtenues en CAP se traduisent
concrètement par les modifications avalisées en séance.
A défaut, c’est le risque d’un blocage du dialogue
social et la CFDT-Culture en tirera toutes les conséquences.
Ce dialogue peut être recherché même si l’agent
a déjà lancé la procédure de révision
de la notation. Au cas où l’agent aurait obtenu satisfaction
auprès de son notateur, ce dernier établit une nouvelle
fiche et, le cas échéant, un nouveau compte-rendu d’évaluation.
Les anciennes fiches doivent alors être détruites.
Si l’agent avait déjà lancé son appel et
que toutes les modifications apportées le satisfont, l’appel
n’a plus de raisons objectives d’exister. L’agent
doit dès lors se désister de sa demande de révision
de la notation par écrit.
Devant les tribunaux
10 de la lettre du Ministre en date du 13 septembre 2004 précise
qu’en cas de désaccord sur la notation l’agent peut
recourir dans un cadre amiable ou faire un recours hiérarchique
si le 1er niveau d’intervention est négatif.
S’il n’est pas satisfait des suites données à
son recours amiable ou hiérarchique il peut demander la révision
des éléments de notation par lettre adressée au
président du personnel de son service ou de sa direction ; s’il
relève d’un établissement public, il peut à
titre de recours hiérarchique s’adresser à la direction
de tutelle de cet établissement, dans un délai de deux
mois à compter de la date de signature de sa note.
En outre l’agent peut aussi présenter un recours contentieux
auprès du tribunal administratif, dans un délai de deux
mois après la notification de l’avis de la CAP à
son chef de service.(pour les modalités voir au point 10 de la
lettre 13-09-2004, ci-après) :
Les recours : (point 10 lettre 13-09-04 page 18) :
La signature de l’agent ne vaut pas approbation, elle atteste
seulement que celui-ci a pris connaissance des éléments
d’évaluation, de notation et d’avis sur une possible
promotion.
L’évaluation et la notation sont deux exercices juridiquement
distincts. Toutefois le décret 2002-682 (article 8) précise
que la notation tient compte de l’évaluation. Ainsi, si
seule la notation est susceptible d’une demande de révision,
l’article 10 du décret autorise la communication lors de
l’examen de la demande par la commission administrative paritaire
de la partie compte rendu d’évaluation, acte préparatoire.
De la même manière l’avancement de grade doit tenir
compte des évaluations (article 18 du décret 2002-682).
S’il y a désaccord sur la notation -critères, appréciation,
note chiffrée- l’agent peut, dans le cadre d’un recours
amiable :
- faire part de son désaccord à son responsable hiérarchique
;
- demander un entretien avec un représentant du niveau hiérarchique
supérieur ;
- si le nouvel entretien est infructueux, il peut demander la révision
des éléments de notation par lettre adressée au
Président de la commission administrative paritaire compétente,
dans un délai de deux mois à compter de la date de signature
de sa note.
Il peut aussi demander conseil au responsable du personnel de son service
ou de sa direction ; s’il relève d’un établissement
public, il peut -à titre de recours hiérarchique- s’adresser
à la direction de tutelle de cet établissement.
Si l’agent n’est pas satisfait des suites données
à son recours amiable ou hiérarchique, il peut présenter
un recours contentieux auprès du tribunal administratif, dans
un délai de deux mois après la notification de l’avis
de la commission administrative paritaire à son chef de service.
Cette requête devra être constituée de l’exposé
des faits et des moyens, préciser les conditions, noms et demandes
des parties, être signée et accompagnée des pièces
justificatives, notamment de la décision contestée.
Attention :
La commission administrative paritaire compétente peut, dans
l'avis émis, demander que les éléments du compte-rendu
de l'entretien d'évaluation soient « modifiés ».
Si l’administration venait à limiter le droit des agents
la CFDT-Culture ne l’acceptera pas et étudiera avec les
agents concernés les voies de recours devant la juridiction administrative.
Justice La notation en justice : morceaux choisis
La notation est avant tout l’expression du pouvoir discrétionnaire
de la hiérarchie.
La justice peut néanmoins avoir son mot à dire.
L’évaluation étant mise en place pour la première
fois en 2005, il n’y a pas encore de jurisprudence relative à
l’évaluation-notation.
Les arrêts connus jusqu’à présent concernent
uniquement la notation telle que définie par la loi n° 84-16
du 11 janvier 1984 et le décret 59-308 du 14 février 1959.
Mais, comme nous l’avons dit, l’ancien système se
retrouve dans le nouveau et certains arrêts pourront peut-être
vous être utiles pour appuyer vos appels.
Vous pouvez faire appel si :
° La note chiffrée et les appréciations générales
sont en contradiction.
° La non-communication de la notation entraîne l’irrégularité
de la décision de notation
° Le notateur doit prendre en compte la manière de servir
pendant toute l’année qui précède et non
se fonder sur la seule semaine de travail effectif de l’intéressé
effectuée sous l’autorité du notateur par exemple.
Attention au terrain miné...
Le notateur ne peut noter un agent qui n’est pas réellement
présent dans le service (jurisprudence finances du 5 février
1975).
Il importe peu que la note soit inscrite sur la fiche de notation à
l’encre rouge (jurisprudence finances du 28 septembre 1988).
Un fonctionnaire n’a pas d’intérêt à
contester la notation d’un autre fonctionnaire (jurisprudence
du 7 juillet 1995aux finances).
Le recours contentieux contre la notation ne peut être assorti
d’une demande de sursis à exécution car le préjudice
résultant d’une note n’est pas "difficilement
réparable" (jurisprudence finances du 25 octobre 1991).
Le notateur est en droit de prendre en compte un manquement à
la discipline de la part du fonctionnaire, indépendamment du
point de savoir s’il a donné lieu à une sanction
disciplinaire (jur. fin. du 23 février 2000).
Le maintien de la note chiffrée au même niveau que celle
de l’année précédente alors que les appréciations
générales étaient moins favorables au fonctionnaire
noté n’est pas, par lui même, constitutif d’une
erreur manifeste d’appréciation (jur. fin. du 1er février
1999).
Le notateur peut tenir compte de manquements professionnels même
si les faits sont amnistiés (jur. fin. du 5 mai 1972).
Le notateur est en droit de prendre en compte un manquement à
la discipline de la part du fonctionnaire, indépendamment du
point de savoir s’il a donné lieu à une sanction
disciplinaire (jur. fin. du 23 février 2000).