
CTP de la DAF
CFDT–Culture - Section Archives
Comité technique paritaire de la direction des Archives de France
(12 juillet 2007)
La CFDT était représentée par Isabelle Vernus (titulaire),
Nadine Gastaldi et Michel Thibault (suppléants).
Après l’approbation du règlement intérieur
du CTP et des procès-verbaux des séances des 15 juin et
12 juillet 2006, l’ordre du jour comportait trois points, soumis
au CTP pour information et faisant donc l’objet de débats
sans vote, plus des questions diverses.
1. Méthodologie et calendrier de l’élaboration
du texte relatif à la future organisation du SCN Archives nationales
L’intitulé de ce point de l’ordre du jour pouvait
donner lieu à malentendu, puisqu’il s’agit de mettre
en place l’organisation du SCN Archives nationales dans sa configuration
actuelle (sur deux sites, Paris et Fontainebleau) et non la future organisation
sur trois sites, après l’ouverture du site de Pierrefitte.
Cette question a fait l’objet dès le lendemain d’un
communiqué de la DAF, diffusé sur la messagerie archives@culture.gouv.fr,
et rédigé en ces termes :
COMMUNIQUE
Lors du Comité Technique Paritaire des Archives réuni
le 12 juillet, la question de l’élaboration de l’arrêté
d’organisation du SCN Archives nationales a été abordée.
Il s’agissait de présenter la méthodologie et
le calendrier d’élaboration de ce texte prévu par
l’arrêté du 24 décembre 2006 érigeant
le service Archives nationales en service à compétence nationale
qui prévoit que l’organisation du service est fixée
par arrêté du ministre sur proposition du directeur du service.
Cette organisation prendra pour base d’une part la vocation
scientifique et de service au public de l’institution, d’autre
part la situation de fait actuelle, à savoir une localisation sur
deux sites et un troisième en préfiguration.
La concertation menée par le SCN se déroulera en deux
phases :
- d’abord l’examen des questions relatives aux grands principes
d’organisation du service Archives nationales.
- ensuite l’élaboration et la définition de l’organisation
du service.
L’objectif est de soumettre au Comité Technique Paritaire
des Archives le projet d’arrêté ministériel
d’organisation du SCN avant la fin de l’année.
Cette concertation associera l’ensemble des parties prenantes.
Après un exposé introductif d’Isabelle Neuschwander,
la CGT a émis de vives réserves sur les modalités
de la concertation, considérant que le délai prévu
pour celle-ci (quatre mois maximum, de septembre à décembre)
était insuffisant au regard des enjeux et des incertitudes subsistant
sur le devenir du site de Fontainebleau.
Mme de Boisdeffre précise qu’il s’agit bien de définir
l’organisation du SCN en fonction de sa situation actuelle et non
de réfléchir à des évolutions à venir.
En réponse à une question de la CFTC, Isabelle Neuschwander
confirme qu’il devra y avoir deux arrêtés d’organisation
: l’un destiné à définir l’organisation
présente du SCN et un second qui définira, le moment venu,
son organisation après l’ouverture du site de Pierrefitte.
Les débats portent ensuite sur les moyens humains du SCN. Jean-Pierre
Lalaut précise que l’effectif de référence
est de 397 postes, dont environ 375 pourvus à ce jour. L’effectif
du site de Paris est aujourd’hui d’un peu moins de 320 agents,
soit un niveau stable par rapport à l’année dernière,
même si comme le souligne la CGC on constate des difficultés
ponctuelles dans certains services.
Mme de Boisdeffre prévcise que 28 emplois supplémentaires
ont été affectés en 2007 aux archives dans leur ensemble,
dont 4 aux Archives départementales et 24 au SCN Archives nationales.
Isabelle Neuschwander fait le bilan des recrutements intervenus : sur
les 24 postes affectés au SCN, 20 ont fait à ce jour l’objet
d’un avis de vacances (les 4 autres, si l’on comprend bien,
seront publiés en fin d’année, en fonction d’une
montée en puissance progressive des moyens du SCN), mais un certain
nombre d’entre eux n’ont toujours pas été pourvus,
soit en raison de l’absence de candidats, soit en raison des difficultés
à faire valider par le ministère certains recrutements par
détachement. Les difficultés principales se rencontrent
dans le corps des adjoints administratifs, où plusieurs emplois
restent vacants, mais aussi sur certains postes très spécialisés
(logisticien pour la préparation du déménagement)
pour lesquels il est difficile de trouver des candidats.
La DAF confirme les difficultés de recrutement dans certains corps,
mais explique aussi les conséquences de la LOLF en matière
de recrutements : les autorisations budgétaires ne portent plus
sur un nombre de postes déterminés mais sur une masse salariale
définie en début d’exercice budgétaire et non
révisable. Les gestionnaires des ressources humaines du ministère
adoptent une politique de précaution afin de disposer d’une
réserve budgétaire leur permettant de faire face à
des événements non prévisibles et se montrent donc
prudents – au moins en début d’année –
sur les recrutements de personnels extérieurs au ministère
(par exemple, les accueils en détachement). Un affinement de l’outil
informatique de gestion des ressources humaines devrait lever à
l’avenir, au moins partiellement, ces obstacles.
En attendant, tous les postes ne sont pas pourvus…
La CFDT prend acte qu’il ne s’agit de discuter que de l’organisation
provisoire du SCN. Elle souligne la nécessité de se soucier
d’efficacité au quotidien et s’inquiète du fait
que le fonctionnement sur plusieurs sites entraîne lourdeurs et
retards dans les procédures et la prise de décision. Elle
souhaite que soit prévue une concertation inter-services pour créer
de la cohérence au sein du SCN et rappelle que, pour l’essentiel,
les personnels des sites de Paris et de Fontainebleau ne se connaissent
pas. Elle pose la question de la coordination entre le SCN et les Missions
et rappelle enfin la nécessité de moyens humains supplémentaires
dans les services pour faire face aux charges de travail supplémentaires
liées au projet Pierrefitte.
Mme de Boisdeffre considère que l’intervention de la CFDT
ouvre des pistes pour définir les principes d’organisation
du SCN et que c’est bien de ces questions qu’il faudra débattre
lors de la concertation prévue.
En ce qui concerne les Missions, elle envisage de mettre à leur
disposition au début de l’année 2008 un « vademecum
» fixant le cadre de leurs relations avec les Archives nationales.
A une remarque de la CGT considérant qu’il n’était
pas possible d’engager la réflexion sur l’organisation
du SCN qu’après avoir déterminé ses missions,
Mme de Boisdeffre répond qu’il convient de distinguer la
réflexion sur les missions à terme des Archives nationales
de celle de leur organisation actuelle. Elle souligne qu’il faudra
aussi se poser la question de ce qui sera provisoire et de ce qui sera
définitif dans l’organisation qui sera mise en place.
2. Information sur le projet de mise en valeur du site d’Espeyran
Le site d’Espeyran, qui abrite le Centre national du microfilm
et de la numérisation (CNMN), rattaché directement à
la direction des Archives de France, est par ailleurs un site d’intérêt
naturel (en limite du parc naturel régional de Camargue), archéologique
et historique majeur.
La DAF avait demandé à Henri-Luc Camplo, responsable du
CNMN, de présenter les projets de mise en valeur du site.
Henri-Luc Camplo rappelle d’abord quelles sont les missions statutaires
du CNMN : conservation des microfilms des services d’archives publics,
activités de microfilmage et de numérisation pour le compte
des Archives nationales mais aussi des autres services d’archives
publics (à titre payant) et – encore à l’étude
– développement d’une mission d’expertise sur
la conservation des supports numériques (dans ce cadre, le centre
a déjà effectué plusieurs missions de conseil auprès
de services d’archives départementales, à l’occasion
de la passation par ceux-ci de marchés de numérisation).
La mise en valeur du site a été engagée depuis le
début de 2006 sur des bases nouvelles, en partenariat avec la DRAC
Languedoc-Roussillon, les collectivités territoriales (ville de
Saint-Gilles et département du Gard) et le Centre des monuments
nationaux.
Après avoir souligné la richesse de l’espace naturel
constitué par le parc, celle du site archéologique et celle
des collections mobilières et hippomobiles abritées par
le château, Henri-Luc Camplo présente les actions déjà
réalisées, notamment l’inventaire du patrimoine mobilier,
et souligne la possibilité d’ouvrir rapidement à la
visite – au regard notamment des exigences des services de sécurité
– le rez-de-chaussée du château, en partenariat avec
le Centre des monuments nationaux. Il termine son intervention par la
lecture du programme des activités envisagées en 2008.
A la demande de la CFDT, la DAF précise les conditions de définition
et de tarification des prestations proposées aux services d’archives
publics. Le CNMN travaille actuellement à 50 % pour les Archives
nationales et à 50 % pour d’autres services d’archives.
Ses interventions pour les Archives nationales ne sont pas facturées
puisque la DAF, dont relève le centre, et les trois SCN Archives
nationales émargent au même « budget opérationnel
de programme » (BOP en langage LOLF) ; les prestations effectuées
pour les Archives nationales n’en doivent pas moins faire l’objet
d’une comptabilité destinée à justifier les
dépenses (d’investissement, en particulier) engagées
pour le centre. Les interventions pour les autres services d’archives
sont en revanche facturées ; les principes de facturation font
actuellement l’objet d’une révision, afin de veiller
au respect du principe de libre concurrence avec les prestataires privés.
La CGT s’interroge sur les conséquences, en ce qui concerne
les conditions et la charge de travail des personnels, de l’ouverture
du site aux visiteurs, notamment le dimanche. La réponse de la
DAF, selon laquelle cette ouverture se fait sur la base du « bénévolat
» (sic !), laisse rêveuse.
On ose espérer qu’il s’agit d’un lapsus pour
« volontariat » !!! et que la question sera en fait résolue
dans le cadre du partenariat en cours avec le Centre des monuments nationaux.
3. Formation (bilan 2006, enquête 2007 sur les besoins de formation
et perspectives 2008)
En introduction, Jean-Pierre Defrance, chef du bureau des métiers
et de la formation à la DAF, présente les grandes lignes
de la réforme en cours de la « formation professionnelle
tout au long de la vie », qui se caractérise notamment par
l’obligation pour les administrations de se doter de plans pluriannuels
de formation, par la création d’un droit individuel à
la formation, sous la forme d’un crédit annuel de 20 heures
cumulables sur six années (mise en place prévue au 1er janvier
2008), et par la mise en place de périodes dite de « professionnalisation
» de six mois, destinées notamment aux agents âgés
de plus de quarante-cinq ans ou ayant vingt ans d’ancienneté,
dans le cadre de l’évolution de leurs fonctions, ainsi qu’aux
agents reprenant une activité après une période d’interruption
(congé parental, disponibilité, par exemple).
Il précise que désormais chaque agent bénéficiera
d’un entretien annuel de formation obligatoire (couplé ou
non avec l’entretien annuel d’évaluation).
Les bilans de compétence et la validation des acquis de l’expérience,
déjà connus du secteur privé, seront mis en place
dans l’administration. S’y ajoutera la procédure dite
de « reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle
», mobilisable dans le cadre d’une promotion, par exemple
dans la filière Métiers d’art.
Dans son bilan de l’année 2006, Jean-Pierre Defrance souligne
la hausse de l’activité du centre de formation de la DAF
(de l’ordre de 20 % sur un an) et l’importance des actions
engagées à la fin de 2006 pour la préparation aux
concours internes et aux examens professionnels mis en place à
l’occasion du repyramidage de la filière technique.
L’enquête sur les besoins de formation réalisée
au début de 2007 met en évidence la nécessité
de renforcer les « fondamentaux » (par exemple, le stage Initiation
à l’archivistique) qui restent très demandés,
de renforcer aussi les stages en lien avec les évolutions récentes
du métier (par exemple, l’archivage électronique)
et de constituer pour certains stages des groupes de niveaux.
Jean-Pierre Defrance souligne pour conclure la pérennisation en
2007 des actions de formation liées au repyramidage de la filière
technique (la DAF serait la seule direction à poursuivre ces formations)
et la mise en place d’un partenariat avec le CNFPT, pour le moment
limitée à l’interrégion Grand Est, mais ayant
vocation à s’étendre aux autres régions.
Cette intervention, très complète, n’appelle pas
de commentaires, si ce n’est que la CFDT ne peut que se réjouir
que le CNFPT s’implique enfin (plus de vingt ans après la
décentralisation !) dans la formation des personnels des services
d’archives territoriaux.
La CGT s’interroge sur les motifs de la déprogrammation
de certains stages et y voit une volonté de sanction déguisée
contre l’animateur du stage (la remarque vise en fait la situation
d’une secrétaire de documentation chargée d’animer
un stage sur le catalogage des bibliothèques historiques des services
d’archives). La réponse de la DAF ne permet pas de comprendre
de façon claire si cette déprogrammation est due à
l’insuffisance du nombre des inscrits à ce stage (le chiffre
ne nous est pas communiqué) ou à d’autres motifs.
La CGT proteste également contre l’absence de stage «
posture » en 2007 pour le personnel des Archives nationales. La
direction du SCN Archives nationales indique qu’elle organisera
cette formation sur son budget propre.
4. Questions diverses
4.1 Avancement du projet Pierrefitte
A la demande de la DAF, Isabelle Neuschwander fait une présentation
en images de l’avancement du projet Pierrefitte.
4.2 PACTE [question posée par la CGT]
Le PACTE est le « Parcours d’accès aux carrières
de la fonction publique territoriale, hospitalière et d’Etat
», institué par le décret 2005-904 du 2 août
2005.
Il est présenté de la façon suivante sur le site
Internet de l’ANPE :
Le PACTE, une nouvelle façon d’entrer dans la fonction publique
Intégrer la fonction publique lorsqu’on est jeune et peu
qualifié ? Ce sera désormais plus facile, grâce au
PACTE (Parcours d’accès aux carrières de la fonction
publique territoriale, de la fonction publique hospitalière et
de la fonction publique de l’État). Explications.
Le concours était jusqu’à présent, sauf exceptions,
le sésame de toute entrée dans la fonction publique. Gage
d’égalité et symbole de la méritocratie républicaine,
il a cependant des effets pervers : ces dernières années,
les concours de catégorie C on attiré de plus en plus de
diplômés, excluant ainsi petit à petit les personnes
les moins qualifiées. Conséquence : la fonction publique
n’est plus très représentative de la société
française, et laisse de côté les moins favorisés.
Aujourd’hui, avec le PACTE, le ministère de la Fonction
publique entend « remettre en marche l’ascenseur social ».
De quoi s’agit-il exactement ? Le Parcours d’accès
aux carrières de la fonction publique territoriale, de la fonction
publique hospitalière et de la fonction publique de l’État
(PACTE) est un contrat de formation en alternance.
S’adressant aux jeunes de 16 à 25 ans dont le niveau d’études
est inférieur au baccalauréat, il donne vocation à
être titularisé dans un corps ou cadre d’emplois de
catégorie C au bout de deux ans au maximum, sans avoir à
passer de concours.
L’équivalent pour le public du contrat de professionnalisation
En vigueur depuis le 4 août 2005, le PACTE devient en quelque sorte
l’équivalent pour le secteur public du contrat de professionnalisation
dans le privé. Il repose lui aussi sur un tuteur, chargé
d’encadrer et d’accompagner le jeune, et sur une convention
signée avec un organisme de formation public ou privé.
Plutôt destinés à des emplois ne nécessitant
pas de diplôme particulier ou nécessitant une qualification
de type CAP/BEP, ces contrats vont ainsi permettre à des jeunes
souvent en situation d’échec de suivre une formation qualifiante,
rémunérée de 55 à 70 % du minimum de traitement
de la fonction publique. Et surtout, ils leur permettront de décrocher
en deux ans maximum un poste de titulaire, donc un emploi très
stable. Un avantage non négligeable...
Du côté de l’employeur, la formule a également
ses avantages, puisque les contrats qui seront signés avant le
1er janvier 2010 bénéficient d’une exonération
des cotisations patronales de sécurité sociale. C’est
aussi un nouveau mode de recrutement, souple et rapide, assez novateur
dans le secteur public. Mais pour que le PACTE atteigne son objectif de
lutte contre les inégalités et les discriminations, encore
faut-il s’assurer que la sélection des bénéficiaires
du PACTE soit bien équitable. La première sélection
des candidats potentiels a donc été confiée au service
public de l’emploi, l’ANPE ou les missions locales, lequel
transmettra aux administrations une liste de candidats qui seront ensuite
sélectionnés par une commission diversifiée. Autant
de précautions qui semblent garantir le bon fonctionnement du dispositif.
Reste à vérifier dans les faits, d’ici à quelques
mois, si cela permet vraiment à la fonction publique de s’ouvrir
à de nouveaux profils.
D’emblée, la CGT résume sa position par la formule
: « Pas de PACTE aux Archives nationales, mais des emplois statutaires
».
Pascal Dal Pont, directeur adjoint du SCN Archives nationales, présente
les principales lignes de ce qui est un dispositif de formation en alternance
aboutissant à une titularisation dans la Fonction publique, la
formation théorique, représentant au maximum 20 % du temps
de travail, devant être dispensée par un organisme agréé.
La CFDT explique qu’elle ne peut se satisfaire d’un rejet
pur et simple du dispositif, qui aboutirait à ce que l’administration
renonce à participer à l’effort d’insertion
des jeunes sortis sans diplôme du système scolaire, mais
souligne que l’enfer peut être pavé des meilleures
intentions et présente le témoignage d’une expérience
vécue dans un service d’archives départementales.
Une jeune femme a été recrutée sous le régime
du PACTE, avec une obligation de 600 heures de formation théorique
sur deux ans (soit 18,75 % de son temps de travail), une rémunération
égale à 70 % du salaire de base de la fonction publique
(à l’exclusion de toute prime ou indemnité) et une
perspective de titularisation dans un emploi d’agent administratif
au bout de deux ans. Il s’est assez vite révélé
que l’AFPA, seul organisme de formation agréé dans
ce département, ne proposait aucune formation théorique
en relation avec les métiers des archives départementales,
ni d’ailleurs avec les métiers de l’administration
en général, de telle sorte que, en l’absence de toute
possibilité effective de formation, cet agent effectuait bien 35
heures de travail hebdomadaires – et bien entendu les mêmes
tâches que ses collègues recrutés selon la filière
normale – tout en ne percevant que 70 % de la rémunération
correspondante. Dans un premier temps, le Département a posé
le principe que, n’ayant pas effectué au bout de deux ans
la formation obligatoire, l’intéressée ne pourrait
pas être titularisée et serait donc licenciée, puis
a proposé des solutions impraticables, comme une formation inaccessible
en raison de son éloignement géographique.
Finalement, comme il peut arriver à une collectivité territoriale
de prendre conscience de l’impasse dans laquelle elle s’est
mise toute seule, le Département s’est résolu à
une solution qui lui permettait de sauver la face : l’agent a été
titularisé au bout d’un an et sans avoir suivi la formation
prévue, le contrôle de légalité ayant décidé
de regarder ailleurs ce jour-là, d’autant plus opportunément
que le préfet avait lui-même commis l’imprudence de
recruter un PACTE à la préfecture et qu’il se trouvait
confronté à une situation similaire ! L’agent ainsi
recruté en a été quitte pour avoir été
payé à 70 % du SMIC pendant un an…
Contre-exemple, une commune du même département, ayant commencé
par s’interroger sur l’offre de formation proposée
par l’AFPA locale, et constatant que celle-ci offrait une formation
au métier de jardinier, a recruté un jeune sans diplôme
et lui a proposé une formation en alternance à ce métier.
Au bout de deux ans, l’intéressé devrait se retrouver
avec une vraie qualification, lui laissant le choix entre sa titularisation
dans la fonction publique ou l’exercice de son nouveau métier
dans le privé.
En conclusion, la CFDT souligne que l’aventure ne peut être
tentée que s’il y a adéquation entre l’offre
de formation locale (à Paris, mais aussi à Pierrefitte ou
Fontainebleau) et les métiers des Archives nationales, ce qui n’apparaît
nullement démontré. On peut en particulier s’interroger
sur l’existence d’organismes de formation agréé
proposant en 600 heures une formation aux métiers de la filière
technique des archives…
En conclusion, Jean-Pierre Lalaut souligne que le PACTE ne peut donner
lieu qu’à des recrutements ponctuels, après vérification
de la faisabilité du dispositif.
C’est bien le moins !
4.3 Comité interministériel des Archives de France et
audit sur l’archivage dans les ministères [questions posées
par la CFDT]
Mme de Boisdeffre, à l’occasion de ces deux questions, détaille
le dispositif mis en place en commun par la DAF et la DGME (direction
générale de la modernisation de l’Etat), à
la suite de l’audit sur l’archivage dans l’administration
.
Un « comité de pilotage », réunissant la DAF
et les ministères « autonomes » a été
constitué et s’est réuni pour la première fois
le 11 juillet 2007.
Un « comité stratégique » regroupant les secrétaires
généraux des ministères sous pilotage conjoint de
la DAF et de la DGME est en cours de constitution (première réunion
prévue en novembre).
La DAF souhaite (il n’est jamais trop tard pour bien faire !) que
se réunisse le Comité interministériel des Archives
de France créé par un décret du 23 janvier 2002,
chargé de définir « les orientations générales
de la politique de l'Etat en matière de collecte, de conservation,
de communication et de mise en valeur des archives » et de veiller
« à la coordination de l'action des départements ministériels
en ce domaine », et comprenant, « sous la présidence
du Premier ministre, le ministre chargé de la culture, le ministre
des affaires étrangères, le ministre de la défense,
le garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre de l'intérieur,
le ministre chargé de l'économie et des finances et le ministre
chargé de la réforme de l'Etat », ainsi que d’autres
ministres appelés à siéger selon les questions inscrites
l’ordre du jour, mais… qui ne s’est jamais réuni
!
A défaut, la DAF envisage d’utiliser la question urgente
de l’archivage électronique comme « point d’entrée
» pour sensibiliser les ministères aux questions de l’archivage
en général.
Pour être pratique, la DAF se donne les objectifs suivants : élaborer
une « charte de l’archivage » des services de l’Etat
et un référentiel interministériel des métiers
des archives ; étudier la possibilité de définir
des contrats d’objectifs dans les ministères entre services
d’archives internes et directions d’administration centrale
; en ce qui concerne l’archivage électronique, organiser
un lien entre le comité des responsables des services informatiques
des ministères et les archivistes pour systématiser la prise
en compte de l’archivage de l’information dès le stade
de l’élaboration des projets informatiques ; enfin, développer
les formations aux questions d’archives dans les écoles de
formation des fonctionnaires.
4.4 Bilans d’activité de la DAF et des services d’archives
publics [question posée par la CGT]
Pour répondre à la CGT, la DAF précise ses objectifs
en ce domaine. Elle dit regretter son retard dans l’établissement
du bilan, d’autant que les services y accordent une réelle
attention. Le bilan 2004 vient de sortir. Mme de Boisdeffre pense que
le bilan 2005 pourra également être publié cette année
et que les bilans 2006 et 2007 le seront en 2008. Ainsi le retard sera
comblé.
Il faut l’espérer car ces bilans sont des outils utiles
à tous.
4.5 Agence du patrimoine immatériel de l’Etat [question
posée par la CFDT]
La création de l’Agence du patrimoine immatériel
de l’Etat a été annoncée par une circulaire
du Premier ministre du 18 avril 2007 . Elle a pour objet le recensement
et la valorisation des « licences, brevets, fréquences, marques,
savoir-faire publics, bases de données, droits d'accès,
images publiques,... » qui constituent le patrimoine immatériel
de l’Etat.
Mme de Boisdeffre précise que le ministère de la Culture
est représenté au sein de cette agence par la secrétaire
générale du ministère. Un groupe de travail a été
constitué au sein du ministère, à la demande de la
DAF, pour réfléchir à la question et élaborer
des propositions en vue de la valorisation des informations publiques
à caractère patrimonial. Ces propositions seront diffusées
au réseau des services d’archives publics, les collectivités
territoriales se montrant très demandeuses de conseils en ce domaine.
La CFDT s’inquiète à ce sujet de l’absence
de protection des noms de domaines Internet tels que « archivesdefrance
» ou « archivesnationales.fr » « .com »
ou « .org » et de l’usage qui pourrait en être
fait ou, dans certains cas, en est déjà fait par des tiers
.
4.6 Accueil de stagiaires dans les services d’archives [question
posée par la CGT]
La CGT s’interroge sur le rôle de formation joué par
les services d’archives et sur les conditions de rémunération
des stagiaires.
Mme de Boisdeffre s’engage à fournir un bilan chiffré
de l’accueil de stagiaires à la DAF et aux Archives nationales
pour un prochain CTP.
La question de la multiplication des pôles universitaires de formation
d’archivistes (13 à ce jour, à notre connaissance)
est également évoquée et des points de vue divergents
sont exprimés. La CFDT fait part de son inquiétude de voir
transformer de jeunes archivistes « de plus en plus diplômés
en main d’œuvre précaire et corvéable à
merci » .
4.7 Conséquences de la création de France Domaine pour
la DAF et les Archives nationales [question posée par la CFDT]
France Domaine est un service de la direction générale
de la comptabilité publique, créé par un arrêté
du 23 décembre 2006, et qui représente l'Etat propriétaire
.
La CFDT souhaite connaître les conséquences pour la DAF et
les Archives nationales du projet de faire payer aux administrations publiques
un loyer à France Domaine pour les surfaces de bureaux qu’elles
occupent.
Jean-Pierre Lalaut répond qu’il ne s’agit (pour le
moment ?) que d’un loyer virtuel. A terme, le but de cette opération
est d’inciter les administrations à ne pas garder des locaux
dont elles n’auraient pas réellement l’usage.
Il précise que la DAF a effectué, à l’occasion
de la mise en place de la LOLF, le recensement et la valorisation des
immeubles qui lui sont affectés ou qui sont affectés aux
Archives nationales.
La DAF se montre – ou veut se montrer – rassurante sur les
incidences que pourraient avoir pour elle-même ou pour les Archives
nationales les nouvelles orientations de la politique immobilière
de l’Etat.
4.7 Conditions de mise à disposition des agents de l’Etat
auprès des collectivités territoriales [question posée
par la CGT]
La CGT demande à la DAF de préciser de quelles marges de
manœuvre elle dispose pour défendre les personnels des archives
départementales menacés de fin de mise à disposition
sans qu’aucune faute ne leur soit reprochée.
Mme de Boisdeffre répond par un exposé sur les nouvelles
modalités du régime de mise à disposition des agents
de l’Etat, définies par les articles 41 à 44 de la
loi 84-16 du 11 janvier 1984 modifiés par la loi 2007-148 du 2
février 2007.
Elle souligne que le mise à disposition exige un triple accord
: celui de l’administration d’origine, de l’administration
d’accueil et de l’agent lui-même. Elle en tire la conclusion
que le département d’accueil – de même d’ailleurs
que les deux autres parties – est en droit de mettre fin à
tout moment à la mise à disposition.
Tout l’argumentaire de la direction repose sur le fait que les
agents de l’Etat affectés dans un service d’archives
départementales entrent désormais dans le régime
de droit commun de la mise à disposition, tel qu’il est défini
par les article 41 et suivants de la loi du 11 janvier 1984, dans leur
nouvelle rédaction. La seule dérogation aux règles
prévues par la loi serait le fait que, dans ce cas précis,
le département n’est pas tenu de rembourser à l’Etat
le salaire des agents concernés.
Le décret d’application prévu devrait entraîner
l’obligation de la mise en place de conventions de mise à
disposition. La DAF avait envisagé de longue date la signature
de ces conventions mais avait dû y renoncer faute de base juridique
suffisante. La nouvelle rédaction de la loi est venue lever cet
obstacle.
La DAF invite les représentants syndicaux à ne pas analyser
des événements récents selon les critères
de la « morale » mais bien sous l’angle du droit.
La CFDT rappelle que les agents de l’Etat mis à disposition
des archives départementales dérogent au moins sur un autre
point aux règles habituelles de mise à disposition, c’est
qu’ils continuent à exercer un certain nombre de leurs missions
au nom de l’Etat et peuvent même recevoir dans ce cadre délégation
de signature du préfet. En outre, ils sont également électeurs
au CTP de la DAF où ils peuvent siéger comme représentants
du personnel ou même de l’administration. L’examen de
leurs conditions d’emploi ne relève donc pas de la morale
mais de l’organisation des services et, en définitive, des
compétences du CTP.
La signature de conventions de mise à disposition, en l’état
actuel de nos informations, risque de n’avoir pas d’autre
utilité que d’informer les agents concernés, lors
de leur prise de fonction, des conditions dans lesquelles il pourrait
être mis fin à ces fonctions à la seule initiative
du département d’accueil ; cela aurait sans doute le mérite
de la clarté mais ne changerait rien quant au fond à la
situation actuellement constatée.
Sans doute faut-il ajouter que, pour la majorité des personnels
concernés, y compris pour une partie des conservateurs, la mise
à disposition est un mode d’affectation qui ne s’accompagne,
en termes de déroulement de carrière ou de rémunération,
d’aucune contrepartie qui pourrait justifier les conditions dans
lesquelles il peut être, au moins sur le papier, mis fin aux fonctions
des intéressés.
En tout état de cause, si convention de mise à disposition
il doit y avoir, c’est à nos yeux une question dont le CTP
de la DAF devra à nouveau être saisi.
19 juillet 2007
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