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RMN

Dans le cadre de l’exposition Richard Serra au Grand Palais, la RMN est fière d’annoncer combien « cet événement a la particularité d’offrir un système de médiation inédit et innovant ». Ainsi, « quarante spécialistes en art contemporain, historiens de l’art ou artistes répondent à toutes questions, informent, dialoguent et orientent le spectateur grâce à une connaissance approfondie du travail de l’artiste, de l’œuvre présentée et du contexte artistique global. » (RMN Info n° 266).

Au pays des aveugles… les médiateurs sont rois !

Cet enthousiasme est logiquement relayé sur place aux visiteurs par les médiateurs. Ainsi, témoigne une salariée - ironie du sort : conférencière RMN - venue découvrir l’exposition : « Jeudi 15 mai, alors que j'entrais sous la nef du Grand Palais pour voir l'exposition de Richard Serra, j'ai été très aimablement accueillie par un monsieur qui m'a tendu un document d'information. Je l’ai remercié ; il m'a demandé si je souhaitais l'aide d'un médiateur culturel, c’est-à-dire, selon lui, une personne qui contrairement aux conférenciers, ne débite pas un savoir, mais dialogue avec le visiteur » !

On s’étonnera d’abord que la RMN se félicite de faire le choix de 40 CDD ponctuels…
puis « d’offrir un système de médiation inédit et innovant », bien qu’elle dispose depuis 1992 d’un vivier de compétences dont :
- le niveau d’études est sanctionné par un examen ministériel,
- l’expérience quotidienne de la « pratique du dialogue » avec des publics variés (scolaires dès la maternelle, adolescents, étudiants, érudits, primo visiteurs, visiteurs étrangers, 3e âge, personnes en difficultés diverses, non voyants, handicapés mentaux...),
- la polyvalence est prouvée (la moitié des conférenciers travaille sur deux sites),
- l’engagement ne faiblit pas malgré la remise en cause de l'activité,
- les compétences ne sont jamais remises en question par les SCN comme les EPA.

Mais la RMN préfère laisser en friche ce secteur d’activité, ignorer les compétences internes et faire l’économie des critiques souvent formulées sur les sites, non pas vers les conférenciers, mais plutôt vers la gestion de l’activité. Car le SVCF souffre :
- d’un outil informatique depuis longtemps obsolète et dont le remplacement pourtant annoncé, traîne,
- d’une absence de recrutement qui pénalise toute l’activité,
- d’un manque d’objectifs en phase avec la mission de démocratisation culturelle assignée à la Ministre.

Que le magazine interne du Ministère de la Culture affiche son ignorance sur cette activité, nous l'avions déploré avec la CFE-CGC, par courrier le 26 février (sans réponse à ce jour…), passe encore. Mais que notre employeur semble découvrir les vertus de la médiation, cela est tout simplement navrant. Cela témoigne, si besoin était encore, de son aveuglement sur un pan de sa propre activité, mission de service public, qui plus est.

Quelle étrange gestion de l’activité, tant d’un point de vue strictement économique, qu’humain…

Paris, le 28 mai 2008